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Les "Billets pirates" relaient la diversité des opinions des militants du Parti Pirate. Ils ne reflètent, ni n’expriment donc pas toujours la position officielle du Parti Pirate et sont publiés sous la responsabilité expresse de leur(s) auteurs(s) et signataires(s).

18 janvier 2013
kardknight

Le CSA, par le nez ou par la bouche ?

Est la question qui se pose lorsqu’on lit la déclaration suivante : "Il est impossible que nous ne répondions pas à un souhait croissant des opinions publiques française et européenne, qui ASPIRENT à une régulation des contenus audiovisuels privés sur internet ».

Toute la saveur de la question - puisqu’on est dans le sensori-subjectif : les goûts et les couleurs… n’est-ce pas, tient à ce que son proférateur n’est autre que Michel Boyon, Président du CSA [1] [2].

Détaillons donc son envolée lyrique : les opinions : forces subjectives s’il en est, auraient des souhaits (ou des vapeurs (?), on ne sait) et par conséquent « aspireraient ». Je ne veux pas faire le rabat-joie, non, l’emploi est déplaisant et son costume passé de mode, mais cet excès de personnification qui fait souffrir la stylistique au passage, ne correspondrait-elle pas à l’estimation pifométrique d’une situation putative ? En clair, à une blague ?

Les sondagiers, grands fréquentateurs de l’opinion publique, savent d’expérience que cette dernière peut s’exprimer, parce qu’on la sollicite, sur des questions précises, ouvertes ou fermées, et que l’on peut discuter - et on le fait - du choix des questions, de leur rédaction, de l’ordre de leur successions mais qu’au grand jamais l’opinion publique n’aspire à quoi que ce soit.

Et personne pour le dire au président du CSA, cela est méchant.

M’accusera-t-on de « chinoiser », je l’ignore mais je crois que si la Chine - à mon tour personnifier (y en aura pas pour tout le monde quoique chanta Jacques Dutronc) - s’avisait ne serait-ce que de penser à sélectionner parmi l’expression de ses ressortissants ce qui mérite ou non de transiter par telle ou telle plateforme de streaming, nous aurons droit, par retour, à une diatribe tout aussi enflammée de la part de notre orateur qui ne manquerait pas l’occasion d’exhumer quelque maximes de la déclaration universelle des droits de l’homme.

Bien sûr la phrase est sortie de son contexte, bien sûr je prends le parti de dauber, mais si j’examinais le contexte qui organise à pas de loup la censure des « moutons », j’aurais, j’en ai peur, envie de pleurer.

La fonction créée l’organe - c’est connu - et tandis que l’opinion aspire par le nez ou par la bouche, les larmes coulent de mes yeux !

Notes

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