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14 juillet 2012
Parti Pirate

Foire aux questions

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Parti Pirate

 Le Parti Pirate est-il un parti politique ?

Le Parti Pirate est un parti politique fondé en janvier 2006 en Suède, en juin 2006 en France et depuis lors dans une quarantaine de pays. Le Parti Pirate compte défendre ses idées lors des consultations électorales, qu’elles soient locales ou nationales. Depuis 2009, il compte notamment deux députés suédois au Parlement Européen, qui siègent avec le groupe parlementaire des Verts européens. L’entité française a la forme juridique d’une association déclarée le 9 mars 2009 en préfecture de police de Paris, et dont la création a été publiée au Journal Officiel le 4 avril 2009 page 1663 sous le numéro 1795. En France, le Parti Pirate a présenté son premier candidat à l’occasion des élections législatives partielles des Yvelines en septembre 2009 ; il a recueilli 2,08% des suffrages exprimés.

 Quelles sont les principales positions du Parti Pirate ?

Les valeurs fondamentales que nous défendons sont celles des Droits de l’homme, et de la citoyenneté : Liberté, Égalité, Fraternité. Nous vivons un tournant sans précédent dans l’histoire de l’Humanité : pour la première fois, la technologie a mis à portée de tous l’accès à l’information, à la connaissance, aux patrimoines culturels, artistiques, aux savoirs scientifiques ou technologiques. Face à cette formidable opportunité, trop d’acteurs culturel, industriels ou politiques tentent d’entraver la diffusion de ces richesses immatérielles. En organisant leur rareté supposée, ils tentent de réaffirmer des rapports inégalitaires où dominent des intérêts privés.

Nous tentons d’attirer l’attention sur ces dérives, et de leur apporter des réponses. Le droit d’auteur, par exemple, doit être redéfini pour revenir à son but originel : un équilibre entre, d’une part, la reconnaissance des auteurs et artistes (aujourd’hui trop souvent supplantés par les intérêts des intermédiaires), et l’intérêt du public. La circulation des savoirs techniques et scientifiques doit aussi être encouragée et libérée, ne serait-ce que par solidarité à l’égard des régions déshéritées du monde.

 Votre parti n’existe-t-il que pour défendre des jeunes qui téléchargent ?

Le Parti Pirate existe à l’origine pour défendre les libertés civiques, sur Internet comme ailleurs. La plupart des gouvernements, par exemple, ont tendance à contrôler toujours plus les échanges entre les personnes. Imaginez qu’un jour on contrôle tout votre courrier, sous prétexte que vous pourriez envoyer une photo à quelqu’un (ou plutôt n’imaginez pas, c’est déjà le cas !) : le principe de contrôle des échanges numérique est semblable, il constitue une atteinte grave aux libertés individuelles.

 Donc vous êtes pour le piratage d’œuvres culturelles ? Comment vivront nos artistes ?

Nous ne nous reconnaissons pas dans le terme de "piratage". Le fait de partager un patrimoine immatériel, fût-ce illégalement, n’a rien à voir avec des actes de pillage et de barbarie. Nous n’encourageons pas, au demeurant, le partage de la culture et des connaissances lorsqu’il se fait illégalement, ou au dépend des auteurs et de leurs conditions de vie — si ce préjudice s’avérait réel, ce qui reste encore à prouver. Le Parti Pirate propose de renouveler les modèles de diffusion de la création. Ces modèles doivent être plus justes, plus immédiats entre les artistes et le public, et plus respectueux des citoyens et de leurs libertés fondamentales : il est inadmissible que de nombreux citoyens soient aujourd’hui criminalisés, au seul motif qu’ils n’entrent pas dans le système officiel de "public-consommateur" dont on voudrait nous faire croire qu’il est le seul mode d’accès légitime à la culture.

 Votre programme parle de numérique, mais je me sens également concerné par les problèmes de crise économique, de chômage...

Le numérique a un grand impact économique, porté par l’augmentation du nombre d’internautes (2,2 milliards prévus en 2013 contre 1,5 milliard en 2008, selon une étude du cabinet Forrester publiée le 21/07/2009), et sa propagation dans notre quotidien.

Toutefois notre projet de programme coopératif ne se limite pas au numérique ni à Internet.

Il concerne toutes les libertés fondamentales, notamment dans leur relation avec les technologies de l’immatériel. À ce titre nous ne saurions nous limiter à la diffusion de la culture, sans envisager également les médias, l’éducation, la science, et plus largement, sans tenter d’équilibrer les implications sociales et économiques de nos propositions.

À terme, c’est tout un modèle de société qui est à envisager et à promouvoir. Mais cela prend du temps, et, dans un souci d’honnêteté, nous n’avons pas vocation à prendre position sur des sujet précis trop éloignés de nos préoccupations fondamentales, et pour lesquels nous ne nous estimons pas compétents.

 Après quelques années d’existence, quel bilan tirez-vous de votre action politique ?

Le Parti Pirate est encore très jeune en tant que mouvement, et il est trop tôt pour mesurer son impact.

Néanmoins, dès son apparition notre mouvement a suscité bien des réactions, qu’elles soient d’espoir, d’enthousiasme (auprès des citoyens, des artistes), de peur (auprès de divers gouvernements) ou de convoitise (de la part de formations politiques existantes).

Notre arrivée n’est donc pas passée inaperçue, et le potentiel du Parti Pirate est considérable.

 Pourquoi avoir choisi de garder le nom de « Parti Pirate » ?

Ce nom, c’est d’abord une façon ironique de retourner la terminologie caricaturale et orientée par laquelle certains acteurs politiques ou industriels tentent de criminaliser une partie croissante de la population. En adoptant ce nom qui leur a été donné malgré eux, les citoyens du Parti Pirate affirment haut et fort leur intention de lutter contre cette façon de présenter au public un tableau simpliste, dans le but de présenter comme acceptable une politique de restriction des libertés civiques.

Si le terme doit faire naître des débats, c’est tant mieux : notre société gagnerait à voir plus de débats de cette nature. Au demeurant, les citoyens que nous rencontrons comprennent toujours à quoi nous faisons référence, et saisissent immédiatement le second degré.

Ce terme de "Pirate", qui nous définit et nous unit, revêt une valeur symbolique, politique, et même sentimentale pour tous nos sympathisants qui le partagent, ainsi que pour l’ensemble des Partis Pirates du monde (une quarantaine à ce jour).

En tant que "simples" citoyens, le Parti Pirate est pour nous une manière de nous réapproprier des institutions dont nous nous sentons exclus, de "pirater" la vie politique afin de rafraîchir le débat démocratique.

 Vous êtes de gauche, de droite ? Du centre peut être ?

Les Droits de l’homme sont-ils de gauche ou de droite ? Et la citoyenneté ? Nous osons espérer que nos problématiques sont universelles, et que des gens de toutes cultures politiques puissent se reconnaître dans nos propositions.

Nous regroupons nous-même de très nombreuses sensibilités, et nous ne cherchons en aucun cas à fuir les questions politiques traditionnellement liées à "la gauche" ou "la droite" - encore que cette grille de lecture se soit considérablement vidée de son sens à la fin du vingtième siècle. Mais si nous sommes amenés à aborder ces questions, c’est de manière transversale, et non en adoptant une position figée de type "droite/gauche".

 Quels sont les atouts et les difficultés spécifiques à la France pour le Parti Pirate ?

Nous avons la chance d’avoir dans notre pays un milieu associatif très vivace. Il est certes difficile de faire son entrée dans un espace médiatique déjà chargé ; cependant la curiosité et l’enthousiasme des uns et des autres ne se sont jamais démentis, au fil des rencontres que nous sommes amenés à faire.

Il est hors de question pour nous d’ignorer le travail considérable qui a été effectué par les divers chercheurs, artistes, intellectuels, et collectifs (qu’ils défendent la démocratie, la culture, les licences libres ou les consommateurs,...). Bien au contraire, nous avons la chance d’avoir pu trouver une position privilégiée, qui nous permet de nourrir notre réflexion sous des angles différents.
Avec les citoyens, ingénieurs ou savants, artistes ou programmeurs, jeunes ou moins jeunes, nous voulons constituer un point de convergence, un espace de dialogue et d’échange.

 Quelles sont vos propositions sur la propriété intellectuelle et son adaptation au XXIe siècle ?

Le terme de "propriété intellectuelle" regroupe un peu de tout, d’une façon pas très claire et parfois malhonnête.

Si par "propriété intellectuelle" vous entendez "droit d’auteur", reste à savoir de quel droit l’on parle : un auteur a toute sortes de droits sur son œuvre, à commencer par le droit de la garder dans un tiroir et de ne rien publier. Dès lors que l’auteur a fait le choix de rendre public le fruit de son travail, un équilibre délicat se met en place entre les intérêts de l’auteur et la liberté des citoyens de prendre part à la vie culturelle.

Au cours des siècles derniers, le droit d’auteur a évolué en faveur des intérêts d’industries culturelles et de quelques créateurs, au détriment non seulement des libertés civiques, mais également de l’immense majorité des artistes. Les intermédiaires se sont multipliés entre l’auteur et le public : éditeurs, maisons de disques, sociétés de gestion de droits, etc. Aujourd’hui, il est temps de retrouver un équilibre ; les licences dites "libres", par exemple, proposent des solutions intéressantes pour la diffusion culturelle. Cependant elles ne concernent que les œuvres à venir, non celles qui sont déjà écrites, et pas non plus le domaine public, qui est constamment menacé.

Si par "propriété intellectuelle" vous entendez "brevets", notamment en matière pharmaceutique ou biotechnologique, de droits des marques et de droit à l’image, la problématique sort du domaine culturel à proprement parler et s’inscrit dans une réflexion sur le financement des recherches scientifiques, les valeurs éthiques de notre société face aux grandes découvertes technologiques et le partage et la transmission des connaissances dans le domaine public. À l’heure d’Internet, La Culture est étroitement reliée à l’Éducation, à la science et aux médias.

 Quelles sont vos propres propositions pour l’industrie culturelle ?

Les acteurs de l’industrie culturelle en sont venus à considérer certains avantages comme acquis, alors qu’ils étaient dûs à des modèles transitoires (le prix du CD en est un exemple typique). Ce genre de "rentes" est en train de disparaître inéluctablement.
  • De ce fait, la relation public-auteur s’en trouve chamboulée ; pour beaucoup la solution est de supprimer les intermédiaires, en revenant grâce à Internet à des systèmes d’auto-production ou de distribution directe.
  • Les milieux culturels sont heureusement assez variés pour ne pas se résumer à une poignée d’industriels en déroute. La plupart des acteurs de l’industrie culturelle se rendent compte qu’ils peuvent s’adapter aux nouveaux modèles au lieu de les rejeter avec violence, comme ces quelques sociétés de gestion de droit d’auteur qui commencent à reconnaître les licences alternatives.

 Que pensez-vous de la contribution créative proposée par le Parti Socialiste ?

L’idée d’une "licence globale" ou de "contribution créative" n’a pour vocation principale que de rassurer les industriels du secteur culturel et de pérenniser leurs rentes.
  • La question de la répartition est cruciale et a été soigneusement évacuée par les partisans de cette proposition ; le précédent de la taxe sur les supports vierges "pour soutenir les artistes", qui perdure, bien que la copie privée ne soit plus autorisée, n’est pas de nature à nous rassurer.
  • Si nous faisions confiance au Gouvernement pour ne pas privilégier les intérêts de tel ou tel lobby au regard de l’intérêt des citoyens, nous serions disposés à trouver l’idée séduisante.

 Quelles sont vos prochaines échéances électorales et vos ambitions politiques ?

Nous nous présenterons de façon systématique, partout où nous en aurons la possibilité matérielle.

 Pourquoi vous limitez-vous à cinq thèmes ?

Nous ne sommes pas limités aux cinq thèmes de la campagne 2012.

Le programme comporte, au moment où ces lignes sont écrites, 14 points et couvre de nombreux domaines. Il est encore étendu par le volet des mesures compatibles qui émarge largement plus dans les domaines écologiques et économiques.

Pour les législatives 2012, il a été décidé, par l’équipe Élection, de focaliser la campagne sur 5 points qui ont été choisis après une consultation de la communauté.

Ces 5 points sont donc un extrait de notre programme, et non pas l’enveloppe de notre programme. C’est une stratégie de communication. En dehors des campagnes nationales, nos adhérents sont libres d’orienter leur communication politique selon d’autres stratégies, et de développer d’autres points du programme et des mesures compatibles.

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