Transparence - Anne Hidalgo & Rémi Féraud, Nathalie Kosciusko-Morizet & Déborah Pawlik : même pas de côté.

La liste Pirate du dixième arrondissement demande à Anne Hidalgo & Rémi Féraud, Nathalie Kosciusko-Morizet & Déborah Pawlik de signer au niveaux parisien et d’arrondissement la charte ANTICOR et de laisser ainsi à une instance indépendante des partis politiques le soin de veiller au respect et à l’application de cette charte.

Il existe une charte ANTICOR mise en place par une association indépendante des partis politiques, signée par plus de 200 têtes de listes aux élections municipales de toutes les couleurs. Cette charte comprend 9 engagements traduisant une ligne éthique, défendue par ANTICOR depuis sa création : non-cumul des mandats et des fonctions exécutives, bonnes pratiques de gestion, transparence, reconnaissance des droits de l’opposition, participation citoyenne, publicité des informations importantes sur la gestion locale, exigence de probité, lutte contre le trafic d’influence, rigueur dans le choix des organismes prêteurs de fonds à la collectivité.

Les deux têtes des listes parisiennes PS-PCF et UMP-UDI-MODEM ont refusé de signer cette charte. Anne Hidalgo a préféré mettre en place une charte de déontologie, l’autre une charte d’éthique des élus. Le 20 janvier les deux candidates ont rivalisé pour être la première à présenter leur charte aux médias. Les têtes des listes socialiste et UMP dans le dixième arrondissement ont probablement pensé que cela les exonérait de tout engagement spécifique en la matière.

Dans sa charte, Anne Hidalgo reproduit une « déclaration d’engagement » que chaque candidat à un siège au Conseil de Paris a dû signer avant le 20 février. La charte précise ce que leurs candidats seront tenus de déclarer (patrimoine immobilier, mobilier, activités exercées, etc.) à « la commission de déontologie » composée de « personnalités qualifiées et indépendantes » (juristes, magistrats ou anciens magistrats) que la candidate socialiste envisage de créer en cas de victoire aux municipales.

Pour sa part, Nathalie Kosciusko-Morizet promet de publier « les 20 plus hautes rémunérations d’élus » de façon anonyme, de contrôler chaque année les moyens mis à la disposition des conseillers de Paris, et de faire réaliser trois audits, renouvelés tous les deux ans, sur les finances de la ville, les ressources humaines et les marchés publics.

Comme sa concurrente, la tête de liste UMP se prononce pour la création d’une commission d’éthique, non composée de personnalités qualifiées et indépendantes, mais d’élus du Conseil de Paris à la proportionnelle des groupes.

Pourquoi une telle démarche ? Pourquoi les deux candidates ont-elles refusé de signer la charte ANTICOR. Ne serait-ce pas pour ne pas avoir à rendre des comptes à une commission indépendante, dont ni la composition, ni la communication ne serait maîtrisée ?

Dans le dixième arrondissement de Paris, seul la tête de liste Pirate a signé la charte ANTICOR. C’est pour nous un engagement très concret, contractuel à rompre avec une conception du politique opaque, cumularde, hors contrôle citoyen.

Comme le précise ses statuts, ANTICOR « est une association déclarée, régie par la loi du 1er juillet 1901, qui a pour objet de mener des actions en vue de réhabiliter la démocratie représentative, de promouvoir l’éthique en politique, de lutter contre la corruption et plus particulièrement celle afférente aux milieux politiques et aux élus de la nation ainsi que de produire et de communiquer de l’information sur ces thématiques.

Sous le terme de corruption, l’association vise toutes les formes de malversations et de manquements, notamment conflits d’intérêt, abus de biens sociaux, trafics d’influence, détournements de fonds publics, prise illégale d’intérêt et plus généralement toute infraction à la probité ».

La liste Pirate du dixième arrondissement demande à Anne Hidalgo & Rémi Féraud, Nathalie Kosciusko-Morizet & Déborah Pawlik de signer au niveaux parisien et d’arrondissement la charte ANTICOR et de laisser ainsi à une instance indépendante des partis politiques le soin de veiller au respect et à l’application de cette charte.

La signature de la Charte n’est pas une promesse politique comme les autres que leurs signataires pourront oublier dès le 24 mars. S’il s’agit avant tout d’un geste politique, elle engage aussi la responsabilité contractuelle des signataires.