Lettre ouverte du Parti Pirate à Europe 1

Cette lettre ouverte est adressée à la station de radio Europe 1 suite à leur recouvrement abusif des affiches de campagne de la liste du Parti Pirate dans le dixième arrondissement de Paris.

Dans un paysage politique moribond, où les révélations succèdent aux scandales, le Parti Pirate propose une nouvelle façon de faire de la politique, une politique par les citoyens, pour les citoyens.

Les élections municipales sont de fait un exercice essentiel nous permettant, comme jeune parti, de nous faire connaître et de contribuer au renouveau démocratique. Celui-là même qui permettra de préserver votre liberté d’émettre et de créer vos émissions en toute indépendance.

Certains citoyens pensent que face au spectacle politique actuel, il vaut mieux en rire, et tourner tout cela en ridicule. D’autres, face au discrédit généralisé, veulent croire à une autre issue, et s’investissent pour faire prévaloir l’intérêt général. L’humour, ici, n’est pas en cause, le Parti Pirate l’utilise volontiers pour dénoncer les travers d’un système politique à bout de souffle, mais en l’occurrence votre campagne sur les panneaux électoraux officiels porte atteinte à la liberté d’expression des listes.

Notre campagne, nous l’auto-finançons, et en organisant sur nos panneaux d’affichage un matraquage publicitaire pour vos émissions de radio, vous ruinez nos efforts.

Alors, face au Goliath médiatique que vous représentez, nous envisageons de porter plainte pour faire valoir les droits du David politique que nous sommes. Au delà des dégâts matériels engendrés par votre campagne de communication, notre plainte vise à faire comprendre que si nos méthodes et objectifs sortent de l’ordinaire, nous sommes déterminés à agir en vue d’une société meilleure, et ne nous laisserons pas être détournés pour de simples questions d’audimat.

Nous respectons le rôle de la presse, surtout quand elle se dresse en tant que quatrième pouvoir dans le fonctionnement de notre système politique. Toutefois, ce n’est pas le cas ici et ce sont des espaces publics officiellement mis à la disposition des candidats que vous avez attaqués. Les politiciens traditionnels n’ont certes pas toujours été en mesure de donner l’exemple du respect de la chose publique, néanmoins, en tant que citoyens, nous exigeons ce respect. C’est pour cela que nous ferons valoir nos droits.