Militer contre la vidéosurveillance !

Pour faire changer la Politique, il faut manifester son désaccord et proposer des alternatives. Le Parti Pirate vous propose d’agir sur le terrain, principalement auprès des citoyens afin faire émerger une prise de conscience et d’aiguiser l’esprit critique.

Cet article vous présente comment mener des actions pour présenter aux citoyens les limites de la vidéosurveillance. Que vous disposiez d’une 1h ou plus, que vous soyez timide ou extravertis, appropriez-vous certaines de ces propositions et changeons la Politique !

Pour ceux qui veulent comprendre les motivations d’une telle action, ce que défend le Parti Pirate sur ce sujet et ce qu’il propose, voyez notre article sur la vidéosurveillance.

 Les actions principales

Nous vous proposons d’agir sous la forme de trois actions principales :

  • Nous avons imprimés des stickers pour signaler aux passants la présence des caméras et attirer leur attention sur le fait qu’ils n’ont aucun contrôle sur le fonctionnement de la surveillance. Nous retournons ainsi la problématique avec l’intitulé "Je surveille la surveillance" et en précisant le coût (pour les habitants) de ces vidéo-placébos. Faites une demande au Parti Pirate pour recevoir des stickers (voir la section "outils"). Attention cependant, nous demandons à nos militants de bien vouloir respecter l’espace public et de ne pas coller ces stickers aux endroits non-autorisés.
  • Organisation d’un débat avec les habitants, quelques jours après l’opération de stickage et après l’envoi d’un communiqué aux journaux et radios locales, pour parler de la vidéosurveillance. Si possible, convier des collectifs (favorables ou défavorables à la vidéosurveillance) afin d’apporter de la matière au débat. Prévoyez une cartographie des caméras de vidéosurveillance (vous pouvez en trouvez ici ou demander à votre mairie la géolocalisation des caméras) et éventuellement une présentation très rapide des raisons qui poussent vos élus locaux à installer des caméras (dégradations, trafic, etc.) et apporter, à l’appui de vos arguments, des exemples locaux précis et chiffrés (évolution du nombre d’agents municipaux, nombre d’interventions, coût, entreprises missionnées, ...).
  • Basiquement, vous pouvez aussi vous contenter de prendre en photo les caméras et de les relayer sur les réseaux sociaux pour alimenter le coté viral de cette action sans que cela nécessite un investissement de temps important de votre coté.

 Les outils

Il y a de très nombreuses manière d’être original dans la manière d’agir contre la vidéosurveillance. Avant de vous proposer des actions qui demanderont un investissement personnel plus important, nous vous proposons :

1/ De nous écrire pour demander des stickers. Précisez :

  • Le nombre de caméras présentes dans votre ville
  • Le nombre de stickers dont vous pensez avoir besoin
  • Précisez si vous faites la demande pour votre section locale, en tant qu’adhérent (individuellement) ou en tant que sympathisant (individuellement ou au nom d’un collectif)
  • Votre adresse si vous n’êtes pas adhérent

Notre fournisseur ne nous a pas fournis les stickers dans le délais prévus. Néanmoins écrivez-nous pour faire vos demandes et nous y répondrons dès que nous aurons été livré. Mettez à profit ce temps supplémentaire pour planifier votre opération.

2/ Vous pouvez télécharger, au bas de cet article, des ressources graphiques pour imprimer des visuels adaptés. Un tract est lui aussi fourni mais nous vous invitons à le personnaliser et à l’adapter à votre ville. Si vous en modifiez la formulation de manière significative, retirer le logo du Parti Pirate ou demandez la validation de votre section locale. Si vous êtes un collectif indépendant, vous pouvez aussi reprendre entièrement les arguments à votre compte et le publier en votre nom.
Tous les éléments présentés ici sont sous licence libre, à l’exception de l’identité Parti Pirate qui ne peut être associée qu’à des idées que nous défendons (bien entendu).

3/ Si vous êtes un collectif indépendant, nous ne vous proposerons pas de nous soutenir. Par contre, l’inverse est tout à fait possible et nous serions heureux de pouvoir promouvoir vos initiatives ou de vous inviter dans un espace de débat local ou national.
N’hésitez pas à nous contacter.

 Les autres actions que vous pouvez mener

Bien sur, en plus de ces trois actions de base, il y a des choses qui demandent plus de temps mais qui peuvent, pour certaines, avoir un impact beaucoup plus important auprès du public.

Elles vous sont données, selon un scénario plus ou moins précis. C’est à vous de vous en inspirer pour les réaliser par vous-mêmes. A l’exception d’une ou deux propositions, ce sont des actions que vous pouvez généralement exécuter seul-e-s et sans moyens complexes.

  • Placez des tracts (format A5), fendus sur le haut avec une encoche pour placer sur les barres de bus/métros (
  • Regardez cet excellent tutoriel pour fabriquer une caméra en carton pour une manifestation ou un happening
  • Vous pouvez sélectionner des passage d’oeuvres célèbres sur la surveillance (George Orwell, Michel Foucault, ...) et les lire en public. Certains passages décrivent précisément les lieux qui abordent les caméras ou apportent des réponses pour se sortir de cette surveillance et cette suspicions.
  • Filmer les gens, au pied des poteaux de caméras. Filmer sur l’espace public (caméra au poing et sous cette forme) est licite. Vous pouvez donc sans problème rester quelques heures et suivre avec la même indiscrétion, et inaction ce que peut voir la caméra. Les réactions des gens seront tantôt amusées, tantôt agacées. Peut-être selon ce qu’ils ont à cacher ? Allons savoir... N’hésitez pas néanmoins à venir avec tee-shirt explicite et éventuellement quelques tracts. De préférence, à ce pas faire seul-e.
  • Mettre en place des itinéraires de déviation pour circuler dans la ville en toutes discretion. Ne pas hésitez à jouer sur le coté dérisoire de la chose ("Itinéraire pour dealer/terroristes" ou plus directement "Si vous n’avez rien à cacher, prenez cette direction / sinon, prenez celle-ci"), voir sur son impossibilité (itinéraire circulaire, flèche pointée vers une bouche d’égout, ...) .
  • Poser des panneaux "ici, angle mort" (espace de débauche / lieu de grand danger ...), avec éventuellement une variante : nettoyer un mur salit par la pollution, en ne nettoyant que la partie laissant apparaître le message en question (taille d’affichage bien plus exposée et surtout action de nettoyage volontaire, que la ville aura bien du mal à reprocher).
  • Déguisement à mettre sur caméras (sans dégradation du matériel ou boucher la vue). Par exemple un képi de gendarme avec une pancarte (je vous protège !).
  • Evaluer la sécurité des réseaux sans-fils qui relient parfois les caméras (action devant normalement être matériellement impossible tant la ville aura eu à coeur de sécuriser le réseau)
  • Fabriquer un drone de surveillance (à l’instar de nos amis allemands), afin de pouvoir ensuite programmer une action lors d’un meeting politique ou, plus simplement, pour faire du copwatching. Auquel cas, contacter le Parti pour présenter le projet, que nous serions heureux de financer.
  • Se renseigner et demander des comptes aux missions d’évaluations ou de déontologie généralement formés par les conseils municipaux au moment des premières mises en place de la vidéosurveillance. Ils doivent normalement être en mesure de fournir de manière précise les actions réalisées pour historier (et pas seulement limiter) l’accès aux enregistrement et fournir des statistiques sur l’usage et l’efficacité. Attention tout de même à ne pas en faire des bouc-émissaires d’une situation qu’ils déplorent souvent eux-mêmes tant leur expression est encadrée par la ville. S’il y a une ouverture possible, ne pas hésiter à participer à certaines de leurs réunions.
  • Donner au maire, le livre 1984, rebatisé (sur la couverture) "NOMDELAVILLE, une ville nouvelle" (avec une dédicace à l’intérieur pour exprimer de manière très claire une ou deux questions relative à la vidéosurveillance). De préférence, vous pouvez le faire lors d’une séance du conseil municipal (dans les grandes villes, la police agira rapidement mais sans violence car les journalistes sont présents). Remettez alors le document au maire ainsi qu’aux journalistes. Agissez avec calme car la démarche est subversive et pourra être interprétée comme agressive, n’en rajoutez pas de par votre comportement. En général, vous ne serez pas mis à la porte du conseil et le maire se sentira l’obligation de vous faire une réponse. Le cas échéant, prévoyez plusieurs situations : il peut vous donner la parole, ou non. Dans les deux cas affichez votre détermination mais ne prenez pas la parole si on ne vous la donne pas et ayez prévu une réponse à apporter si jamais le maire (ou les journalistes, à la fin du conseil) vous demande des explications. * Le Parti Pirate dispose de trois piratebox : si vous leurs trouvez un usage dans le cadre de ce projet, n’hésitez pas à vous manifester.

D’autres idées ? Réalisez-les et informez-nous en commentaire de cette page des vos expériences.

 Subversifs mais pondérés

Nous vous invitons à être créatifs dans vos actions. Nous vous recommandons néanmoins aussi d’avoir une attitude bienveillante à l’égard des passants, de respecter de l’espace public et de ne pas contrevenir à la loi.

En cas de désaccord de fond (ou de forme) sur ce que vous faites, des passants viendront probablement vous en faire la remarque ou maugréeront dans leur coin. N’hésitez pas à aller à leur rencontre et à échanger avec elles. C’est de nature à enrichir notre construction des solutions et permets d’introduire une prise de conscience avec des arguments nouveaux auprès de ceux qui sont les plus sceptiques.

Concernant l’espace public, vous desserviriez l’image donnée par une telle action en contrevenant à la loi. Faites en particulier très attention à ne pas dégrader le matériel privé ou public et ne pas placer de stickers sur des endroits interdits (en particulier, il est dangereux de les placer sur la signalisation routière). Le fait que ce soit monnaie courante par d’autres partis politiques ne rendra pas les services de la ville plus indulgents.

Cependant, la loi vous protège aussi. En cas d’intervention de la police, ils vous demanderons probablement de cesser toute action qui dérangerait une certaine "normalité". Malheureusement, par manque de formation, il peut arriver qu’ils interviennent sans en avoir le droit, de par la loi.

  • De votre coté, renseignez vous précisément sur qui est permis ou non (vous pouvez aussi nous-écrire si vous avez des questions).
  • Pensez à avoir vos papiers sur vous car même si un contrôle des papiers ne peut pas être justifié par une telle action, c’est parfois un bon moyen de vous emmener au poste (4h maximum) afin de vérifier votre identité... et "accessoirement", stopper l’action en cours.
  • Soyez très aimable, souriez et évitez de plaisanter sur la situation. Bien que dans votre droit, vous ne feriez qu’empirer la situation à créer un conflit avec les agents qui le prendront à titre personnel.
  • Enfin, si la situation prend de l’ampleur, ne cherchez pas le conflit. Essayez de faire prendre des photos et des vidéos (protégez les capteurs d’image, il faut qu’ils soient deux minimum pour se filmer mutuellement) ou de réunir quelques éléments de témoignage mais obéissez aux consignes qui vous sont données.

Quoiqu’il en soit, prévenez le Parti Pirate en cas d’incident et éviter de signer un document si vous n’en approuvez pas la formulation (vous avez le droit de refuser et de signaler par écrit les éléments refusés ou de demander du temps pour la réflexion et le conseil).

Prenez garde à votre intégrité physique et affichez en tout temps une attitude calme et respectueuse.

Ecrit par Mistral.