François Hollande ou le triomphe de l’esprit courtisan

Le remaniement gouvernemental aura jeté sur la vie politique traditionnelle une lumière crue. François Hollande y est apparu aux yeux de tous comme ce qu’il est : un expert des jeux d’appareils politiques, mais rien de plus.

Les partis classiques de gauche s’y sont montrés tels qu’ils sont : des écuries dans lesquelles des carriéristes s’agitent en tous sens, prêts à tout pour pouvoir faire un jour un tour de manège ministériel. Europe Ecologie Les Verts, tout particulièrement, s’est révélé une épouvantable machine à trahir la rectitude morale que, pourtant, les écologistes avaient su jadis réinsuffler dans la vie politique française.

Il serait facile de dénoncer les hommes et les femmes qui se commettent dans ces jeux sordides. Néanmoins si ce triste spectacle perdure, c’est bien que le système politique lui-même pose problème. Appelons-le par son nom : c’est la Cour de Versailles. Le monarque concentre entre ses mains des pouvoirs phénoménaux. Autour de lui les courtisans sont sans cesse empressés, dans l’espoir qui d’un titre, qui d’une rente, qui d’une pension. Cet univers faux, laid, superficiel, est une tour d’ivoire de flagorneries et de manœuvres d’intrigants.

Pendant ce temps, en dehors de la Cour de Versailles, et bien loin du champ de vision de l’expert en jeux d’appareil qui la gouverne, les mouvements citoyens locaux, les collectifs, les réseaux de solidarité informelle, les formes alternatives de solidarité, se multiplient sur le terrain. Il est donc faux de gloser sur une soi-disant dépolitisation du peuple français. Les Français vomissent les jeux politiciens de la Cour, mais gardent intacte leur passion de la politique en tant que vocation du bien commun.

Cette situation malsaine ne peut plus durer : entre d’un côté les intrigues médiocres d’une Cour prisonnière de ses vanités carriéristes, et de l’autre côté les mouvements alternatifs qui pullulent pour compenser la vacuité de la Cour. Ceux qui veulent une vie politique doivent donc faire front commun pour remplacer ceux qui veulent une vie politicienne. Quant à lui, le Parti pirate français est donc déterminé à agir pour qu’émerge en 2017 le rassemblement alternatif le plus large possible, avec l’objectif parfaitement clair de mettre un terme au vain spectacle des courtisans.