Macron en 49.3 et faillite de la démocratie représentative

Candidat à l’élection présidentielle, François Hollande était il sincère quand il a promis de ne pas recourir au 49.3 ?

Cette question relève de la conscience d’un président qui est avant tout un homme et nous ne pouvons y répondre. Une chose est sûre : à l’heure où il a fallu passer en force et faire usage de l’article le plus antidémocratique de la constitution, on ne l’a pas vu ni hésiter. Pas une seconde il ne s’est senti lié par sa parole.

C’est la loi Macron, à chaque passage devant l’assemblée, qui a nécessité l’usage de l’article le plus antidémocratique de la constitution française. Une loi de droite votée par une assemblée de gauche, cela s’est pourtant souvent vu. Mais cette fois, entre la barémisation des prudhommes et le travail du dimanche, la couleuvre était difficile à avaler pour les députés socialistes élus sur un programme très différent... et qui, d’ici deux ans, envisagent souvent de se représenter.

Pour nous, pirates, il ne s’agit pas de prendre position pour ou contre tel ou tel des articles de la loi Macron : la méthode nous fait horreur et nous la rejetons en bloc. Étrange objet que cette loi : mélange de mesures d’inspirations libérales mais sans rapport les unes avec les autres. Package douteux où on parle d’auto-école et de tribunaux de commerce, d’épargne salariale et de transport par autocar. Salade composite où un long débat confus accouche d’une absence de vote. Paradoxe ! Si - et parce que - la loi n’a pas de contours, elle a un visage : celui, rayonnant, du ministre des finances, fort beau garçon au sourire charmeur.

On sonde là la profondeur de l’abîme où a sombré la république. Qu’un homme politique qui n’a jamais été élu imprime son nom et son image à un ensemble de lois disparates mais qui vont remodeler durablement le paysage économique et social français, cela est un scandale. Que ces lois soient aux antipodes de ce que veulent les électeurs qui ont élu le chef de l’état est un autre scandale. Mais le plus grave, c’est la manière : les élites qui nous gouvernent ont un tel mépris pour le peuple français qu’elles ne se donnent même plus la peine de respecter la moindre forme démocratique.

La démocratie représentative française a sombré. De ce naufrage, le Parti Pirate prend acte et appelle tous les citoyens à réinventer ensemble une nouvelle façon de faire de la politique, une nouvelle façon de gouverner, une nouvelle façon de vivre ensemble.