"La gratuité ? C’est quoi ça ?"

… et ils en remettent une couche. Après la ridicule tentative de #copyrightforfreedom, pour contrer toute initiative de réforme des droits d’auteur (1) les acharnés des sociétés d’ayants droit déclinent dorénavant leur oxymore en tentant de nous inculquer que "la gratuité c’est du vol".

Quelle drôle d’affirmation... Il faut dire que les tenants de l’ordre établi en matière de droits d’auteur sont des champions lorsqu’il s’agit de délires outranciers. Ils estiment qu’une jeune femme de 28 ans n’a décidément pas la légitimité à travailler en politique. C’est certainement pour cela qu’ils fuient toute confrontation publique. Depuis le salon du livre de mai dernier, nous leur proposons un débat qu’ils n’ont de cesse de reporter. Aussi peu d’élégance que d’arguments.

Nous pourrions aussi rappeler comment les médias, à plusieurs reprises, ont diffusé leurs attaques et arguments fallacieux, sans que jamais ne nous soit accordé ni droit de réponse, ni débat en direct.

La classe politique française dans son ensemble apporte un soutien unilatéral au camp des sociétés d’ayants droit, jetant aux orties tout sens critique et tenue démocratique. Il est patent de voir le poids de ce lobby lorsque "nos" politiques recrachent bêtement leur propos (2).

Nous pourrions les renvoyer à leur propre échec à faire évoluer leur secteur, à leur incapacité d’intégrer les nouvelles technologies dans leur business-model, ou encore à la façon odieuse dont ils traitent les auteurs, coincés dans des formules contractuelles inacceptables...

"La gratuité c’est le vol". Formule choc, aphorisme affligeant. On songe aux écrits d’Orwell, « la guerre c’est la paix »... Cela révèle une vraie vision du monde. De celle que nous combattons avec une rare sérénité de conscience, comme quand le patron de Nestlé affirme que l’accès à l’eau n’est pas un droit fondamental(3).

Rien en ce monde ne serait, selon eux, légitime sans profit. La culture ne serait qu’une vache à lait, comme l’automobile ou les cartes pokémon. Les moins fortunés n’auraient pas droit à la culture, comme ils n’ont pas le droit aux restaurants étoilés, ni de photographier la tour Eiffel.

Eh bien si, messieurs les grands patrons des sociétés d’ayants droit : La gratuité existe, dans le partage, dans les rencontres, dans les conversations où les pirates n’hésitent pas à citer les auteurs que vous avez publiés.

Elle est belle cette gratuité, elle est grande. C’est celle de l’open source, de l’open data, de l’open mind, c’est celle qui fait que nous sommes, nous pirates, fiers d’appartenir au genre humain.

Et si vous avez enfin le cran d’en débattre publiquement, vous savez où nous trouver.


(1) sous l’impulsion de notre député européenne, Julia RedaRetour ligne automatique
(2) http://www.nextinpact.com/news/91065-droit-dauteur-critiquee-eurodeputee-parti-pirate-repond-a-fleur-pellerin.htm.Retour ligne automatique
(3) [https://www.youtube.com/watch?v=Q86rClH5WJs]