L’affaire Saal, ou la légalisation des détournements de fonds par et pour les Hauts Fonctionnaires d’État.

Petit rappel des faits : Agnès Saal, Directrice de l’Institut National de l’Audiovisuel depuis avril 2014, a été épinglé avec des factures de taxi d’un montant de 38 000 € environ en avril 2015. Une partie de ces dépenses émanaient de son fils, qui avait accès au code professionnel des taxis G7 de sa mère, et ce pour un montant de 6 700 €.

Madame Saal, acculée, pose sa démission à la demande du ministre de la Culture le 27 avril 2015, et s’engage à rembourser les courses de son fils ainsi qu’une partie des 7800 € de trajets privés, facturés le week-end. Une enquête administrative est déclenchée dans la foulée.

Un mois plus tard, le 20 mai 2015, Agnès Saal est réintégrée au ministère de la Culture, à un poste de « Chargée de mission sur les questions de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences ». Selon le Point, qui cite des sources rue de Valois, en attendant les résultats de l’enquête, il aurait été aussi possible de « placer Agnès Saal en vacances aux frais du contribuable », ce qui n’a « pas été jugé souhaitable ». « C’est donc un petit placard qui a été trouvé pour la patronne déchue de l’INA (chargée de mission sur les questions de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences) en attendant la suite des procédures » écrit le journaliste.

Le résultat de la procédure disciplinaire est donc tombé le lundi 04 janvier : madame Saal est exclue deux ans de la fonction publique, dont six mois ferme. On imagine aisément qu’un poste lui sera réservé, et que sa réintégration se fera sans aucun soucis passé ce délai. Cette sanction a été entérinée par le Chef de l’État en personne, qui se porte donc caution de telles malversations aux plus hauts échelons de la Fonction Publique.

Outre la procédure administrative, deux enquêtes judiciaires ont été ouvertes : l’une pour les quelques 40 000€ de frais de taxis lors de la présidence de l’INA, et l’autre concernant 38 000€ environ de frais de taxi entre janvier 2013 et avril 2014, alors que madame Saal présidait le Centre Pompidou.

Le Parti Pirate s’oppose avec fermeté à de tels abus de biens publics, et dénonce le soutien au plus haut niveau dont bénéficient de tels détournements de fonds publics. Le Parti Pirate réclame la transparence de la vie politique et publique de manière plus générale : nous ne comprenons pas comment un Haut Fonctionnaire d’État peut détourner presque 80 000 € (soit presque six ans de travail rémunéré au Smic) et ne pas être exclue définitivement de la Fonction Publique. Nous souhaitons rappeler à nos dirigeants actuels que l’Exemplarité fait partie intégrante de la vie Publique, et à plus forte raison en période de crise.