Contre la loi El Khomri, pour une véritable démocratie en entreprise

le Parti Pirate s’oppose à la loi El Khomri et appelle à participer aux manifestations du 9 mars

Détricoter le droit du travail français, vieille lune du MEDEF, n’est pas une tâche facile ni de nature à vous rendre populaire à dix huit mois des élections. Pour la mener à bien, le gouvernement socialiste a trouvé une solution : la déléguer aux entreprises et aux représentants du personnel sous couvert de réforme démocratique.

Promouvoir le référendum d’entreprise et substituer les accords d’entreprise à la loi nationale, c’est faire croire à un système qui donne plus de responsabilités aux salariés et à leurs représentants. Mais la réalité est inverse. Avec le projet de loi El Khomri, les droits vont reculer sur tous les fronts : augmentation du temps de travail, diminution du salaire, perte de protections.

Rappelons que le rapport de force entre l’employé et l’employeur est par nature inégalitaire, surtout dans une société frappée depuis des décennies par le chômage de masse. En plafonnant les indemnités des prudhommes en cas de licenciement sans cause réelle ni sérieuse et en facilitant le recours au licenciement économique, la loi El Khomri aggrave ce rapport de force. Comment imaginer que dans ce contexte la négociation avec les partenaires sociaux pourra être équilibrée ? Les salariés devront choisir entre le chômage et la perte de leurs droits.

Dix sept millions de français sont salariés dans une entreprise privée. Ils y passent le plus clair de leur temps de vie éveillée et ce qu’ils y font conditionne le reste de leur existence, personnelle et familiale. Une entreprise est un système pyramidal et autoritaire. Rendre ce système plus démocratique, voici qui constitue un des défis majeurs de notre époque.

Inventer la démocratie en entreprise

Un référendum d’entreprise ? Pourquoi pas mais en l’état la mesure est insuffisante. Le référendum est un outil démocratique extrêmement primaire : celui que propose la loi El Khomri est plus limité encore. Si l’objectif est de rendre les salariés acteurs de leurs destins au sein des entreprises, il faut aller plus loin.

Pourquoi copier au sein des entreprises les travers de la démocratie représentative en remplaçant les partis traditionnels par les syndicats ? Pourquoi un réferendum ne pourrait être initié que par 30% des syndicats et pas, mettons, par 10% des salariés ? Et pourquoi n’aurait-il pour objet que les accords d’entreprise et pas sa stratégie, son positionnement, sa politique générale ? Et pourquoi simplement un référendum et pas la co-construction d’un projet commun où chaque acteur amènerait ses idées, ses compétences et sa créativité ? Voici ce qui serait une véritable réforme responsabilisant les salariés...

Le fait que madame El Khomri et monsieur Valls invoquent à mots plus ou moins couvert le 49-3 dit assez le cas qu’ils font de la démocratie. Qu’un gouvernement prétendument socialiste, en tous cas arrivé au pouvoir sur un programme de gauche, propose une loi qui n’est pratiquement soutenue que par le MEDEF est également significatif de l’état dans lequel se trouvent nos institutions.

Pour toutes ces raisons, le Parti Pirate s’oppose à la loi El Khomri et appelle à participer aux manifestations du 9 mars