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• FramablogLe socialisme nouveau est arrivé
Un socialisme nouveau, revu et corrigé, est en train de prendre forme sur Internet. Telle est l’hypothèse de Kevin Kelly, célèbre éditorialiste du célèbre magazine Wired. Et l’on ne s’étonnera guère d’y voir le logiciel libre associé aux nombreux arguments qui étayent son propos. Vous reconnaissez-vous dans ce « socialisme 2.0 » tel qu’il est présenté ici ? Peut-être oui, peut-être non. Mais il n’est jamais inutile de prendre un peu de recul et tenter de s’interroger sur ce monde qui s’accélère et va parfois plus vite que notre propre capacité à lui donner du sens. Le nouveau Socialisme : La société collectiviste globale se met en ligneThe New Socialism: Global Collectivist Society Is Coming Online Kevin Kelly - 22 mai 2009 - Wired Bill Gates s’est un jour moqué des partisans de l’Open Source avec le pire épithète qu’un capitaliste puisse employer. Ces gens-là, a-t-il dit, sont « une nouvelle race de communistes », une force maléfique décidée à détruire l’incitation monopolistique qui soutient le Rêve Américain. Gates avait tort : les fanatiques de l’Open Source sont plus proches des libertariens que des communistes. Il y a pourtant une part de vérité dans son propos. La course effrénée à laquelle on se livre partout sur la planète pour connecter tout le monde avec tout le monde dessine doucement les contours d’une version revue et corrigée du socialisme. Les aspects communautaires de la culture numérique ont des racines profondes et étendues. Wikipédia n’est qu’un remarquable exemple de collectivisme émergeant parmi d’autres, et pas seulement Wikipédia mais aussi toute le système des wikis. Ward Cunningham, qui inventa la première page web collaborative en 1994, a recensé récemment plus de cent cinquante moteurs de wiki différents, chacun d’entre eux équipant une myriade de sites. Wetpaint, lancé il y a tout juste trois ans, héberge aujourd’hui plus d’un million de pages qui sont autant de fruits d’un effort commun. L’adoption massive des licences de partage Creative Commons et l’ascension de l’omniprésent partage de fichiers sont deux pas de plus dans cette direction. Les sites collaboratifs tels que Digg, Stumbleupon, the Hype Machine ou Twine poussent comme des champignons et ajoutent encore du poids à ce fantastique bouleversement. Chaque jour nous arrive une nouvelle start-up annonçant une nouvelle méthode pour exploiter l’action communautaire. Ces changements sont le signe que l’on se dirige lentement mais sûrement vers une sorte de socialisme uniquement tourné vers le monde en réseau. Mais on ne parle pas là du socialisme de votre grand-père. En fait, il existe une longue liste d’anciens mouvements qui n’ont rien à voir avec ce nouveau socialisme. Il ne s’agit pas de lutte des classes. Il ne s’agit pas d’anti-américanisme. Le socialisme numérique pourrait même être l’innovation américaine la plus récente. Alors que le socialisme du passé était une arme d’État, le socialisme numérique propose un socialisme sans État. Cette nouvelle variété de socialisme agit dans le monde de la culture et de l’économie, plutôt que dans celui de la politique… pour le moment. Le communisme avec lequel Gates espérait salir les créateurs de Linux est né dans une période où les frontières étaient rigides, la communication centralisée, et l’industrie lourde et omniprésente. Ces contraintes ont donné naissance à une appropriation collective de la richesse qui remplaçait l’éclatant chaos du libre marché par des plans quinquennaux imposés par un politburo tout puissant. Ce système d’exploitation politique a échoué, c’est le moins que l’on puisse dire. Cependant, contrairement aux vieilles souches du socialisme au drapeau rouge, le nouveau socialisme s’étend sur un Internet sans frontières, au travers d’une économie mondiale solidement intégrée. Il est conçu pour accroître l’autonomie individuelle et contrecarrer la centralisation. C’est la décentralisation à l’extrême. Au lieu de cueillir dans des fermes collectives, nous récoltons dans des mondes collectifs. Plutôt que des usines d’État, nous avons des usines d’ordinateurs connectées à des coopératives virtuelles. On ne partage plus des forêts, des pelles ou des pioches, mais des applications, des scripts et des APIs. Au lieu de politburos sans visage, nous avons des méritocracies anonymes, où seul le résultat compte. Plus de production nationale, remplacée par la production des pairs. Finis les rationnements et subventions distribués par le gouvernement, place à l’abondance des biens gratuits. Je reconnais que le terme socialisme fera forcément tiquer de nombreux lecteurs. Il porte en lui un énorme poids culturel, au même titre que d’autres termes associés tels que collectif, communautaire ou communal. J’utilise le mot socialisme parce que techniquement, c’est celui qui représente le mieux un ensemble de technologies dont l’efficience dépend des interactions sociales. L’action collective provient grosso modo de la richesse créée par les sites Web et les applications connectées à Internet lorsqu’ils exploitent du contenu fourni par les utilisateurs. Bien sûr, il existe un danger rhétorique à réunir autant de types d’organisation sous une bannière aussi provocatrice. Mais puisqu’il n’existe aucun terme qui soit vierge de toute connotation négative, autant donner une nouvelle chance à celui-là. Lorsque la multitude qui détient les moyens de production travaille pour atteindre un objectif commun et partage ses produits, quand elle contribue à l’effort sans toucher de salaire et en récolte les fruits sans bourse délier, il n’est pas déraisonnable de qualifier ce processus de socialisme. À la fin des années 90, John Barlow, activiste, provocateur et hippie vieillissant, a désigné ce courant par le terme ironique de « point-communisme » (NdT : en référence au point, dot, des nom de domaines des sites Web comme framablog point org). Il le définissait comme une « main d’?uvre composée intégralement d’agents libres », « un don décentralisé ou une économie de troc où il n’existe pas de propriété et où l’architecture technologique définit l’espace politique ». En ce qui concerne la monnaie virtuelle, il avait raison. Mais il existe un aspect pour lequel le terme socialisme est inapproprié lorsqu’il s’agit de désigner ce qui est en train de se produire : il ne s’agit pas d’une idéologie. Il n’y a pas d’exigence de conviction explicite. C’est plutôt un éventail d’attitudes, de techniques et d’outils qui encouragent la collaboration, le partage, la mise en commun, la coordination, le pragmatisme, et une multitude de coopérations sociales nouvellement rendues possibles. C’est une frontière conceptuelle et un espace extrêmement fertile pour l’innovation.
I. Le partageLes masses connectées à l’Internet sont animées par une incroyable volonté de partage. Le nombre de photos personnelles postées sur Facebook ou MySpace est astronomique, et il y a fort à parier que l’écrasante majorité des photos prises avec un appareil photo numérique sont partagées d’une façon ou d’une autre. Sans parler des mises à jour du statut de son identité numérique, des indications géographiques, des bribes de réflexion que chacun publie çà et là. Ajoutez-y les six milliards de vidéos vues tous les mois sur Youtube pour les seuls États-Unis et les millions de récits issus de l’imagination de fans d’?uvres existantes. La liste des sites de partage est presque infinie : Yelp pour les critiques, Loopt pour la géolocalisation, Delicious pour les marque-pages. Le partage est la forme de socialisme la plus tempérée, mais elle sert de fondation aux niveaux les plus élevés de l’engagement communautaire. II. La coopérationLorsque des particuliers travaillent ensemble à atteindre un objectif d’envergure, les résultats apparaissent au niveau du groupe. Les amateur n’ont pas seulement partagé plus de trois milliards de photos sur Flickr, ils les ont aussi associées à des catégories ou des mots-clés ou les ont étiquetées (NdT : les tags). D’autres membres de la communauté regroupent les images dans des albums. L’usage des populaires licences Creative Commons aboutit à ce que, d’une façon communautaire, voire communiste, votre photo devient ma photo. Tout le monde peut utiliser une photo, exactement comme un communiste pourrait utiliser la brouette de la communauté. Je n’ai pas besoin de prendre une nouvelle photo de la tour Eiffel, puisque la communauté peut m’en fournir une bien meilleure que la mienne. Des milliers de sites d’agrégation emploient la même dynamique sociale pour un bénéfice triple. Premièrement, la technologie assiste directement les utilisateurs, en les laissant étiqueter, marquer, noter et archiver du contenu pour leur propre usage. Deuxièmement, d’autres utilisateurs profitent des tags et des marque-pages des autres… Et tout ceci, au final, crée souvent une valeur ajoutée que seul le groupe dans son ensemble peut apporter. Par exemple, des photos d’un même endroit prises sous différents angles peuvent être assemblées pour former une reproduction du lieu en 3D stupéfiante. (Allez voir du côté de Photosynth de Microsoft). Curieusement, cette proposition va plus loin que la promesse socialiste du « chacun contribue selon ses moyens, chacun reçoit selon ses besoins », puisqu’elle améliore votre contribution et fournit plus que ce dont vous avez besoin. Les agrégateurs communautaires arrivent à d’incroyables résultats. Des sites tels que Digg ou Reddit, qui permettent aux utilisateurs de voter pour les liens qu’ils souhaitent mettre en évidence, peuvent orienter le débat public autant que les journaux ou les chaînes de télévision (pour info Reddit appartient à la maison mère de Wired, Condé Nast). Ceux qui contribuent sérieusement à ces sites y consacrent plus d’énergie qu’ils ne pourront jamais en recevoir en retour, mais ils continuent en partie à cause du pouvoir culturel que représentent ces outils. L’influence d’un participant s’étend bien au-delà d’un simple vote, et l’influence collective de la communauté surpasse de loin le nombre de ses participants. C’est l’essence même des institutions sociales, l’ensemble dépasse la somme de ses composants. Le socialisme traditionnel visait à propulser cette dynamique par le biais de l’État. Désormais dissociée du gouvernement et accrochée à la matrice numérique mondiale, cette force insaisissable s’exerce à une échelle plus importante que jamais. III. La collaborationLa collaboration organisée peut produire des résultats dépassant ceux d’une coopération improvisée. Les centaines de projets de logiciel Open Source, tel que le serveur Web Apache, en sont le parfait exemple. Dans ces aventures, des outils finement ciselés par la communauté génèrent des produits de haute qualité à partir du travail coordonné de milliers ou dizaines de milliers de membres. Contrairement à la coopération traditionnelle, la collaboration sur d’énormes projets complexes n’apporte aux participants que des bénéfices indirects, puisque chaque membre du groupe n’intervient que sur une petite partie du produit final. Un développeur motivé peut passer des mois à écrire le code d’une infime partie d’un logiciel dont l’état global est encore à des années-lumière de son objectif. En fait, du point de vue du marché libre, le rapport travail/récompense est tellement dérisoire (les membres du projet fournissent d’immenses quantités de travail à haute valeur ajoutée sans être payés) que ces efforts collaboratifs n’ont aucun sens au sein du capitalisme. Pour ajouter à la dissonance économique, nous avons pris l’habitude de profiter du fruit de ces collaborations sans mettre la main à la poche. Plutôt que de l’argent, ceux qui participent à la production collaborative gagnent en crédit, statut, réputation, plaisir, satisfaction et expérience. En plus d’être gratuit, le produit peut être copié librement et servir de socle à d’autres produits. Les schémas alternatifs de gestion de la propriété intellectuelle, parmi lesquelles Creative Commons ou les licences GNU, ont été créés pour garantir ces libertés. En soi, la collaboration n’a bien sûr rien de spécialement socialiste. Mais les outils collaboratifs en ligne facilitent un style communautaire de production qui exclut les investisseurs capitalistes et maintient la propriété dans les mains de ceux qui travaillent, voire dans celles des masses consommatrices. IV Le collectivisme
Or, une étude approfondie du noyau dirigeant de Wikipédia, Linux ou OpenOffice, par exemple, montre que ces projets sont plus éloignés de l’idéal collectiviste qu’on pourrait le croire vu de l’extérieur. Des millions de rédacteurs contribuent à Wikipédia, mais c’est un nombre plus restreint d’éditeurs (environ mille cinq cents) qui est responsable de la majorité de l’édition. Il en va de même pour les collectifs qui écrivent du code. Une myriade de contributions est gérée par un groupe plus réduit de coordinateurs. Comme Mitch Kapor, membre fondateur de la Mozilla Open Source Code Factory, le formule : « au c?ur de toutes les anarchies qui marchent, il y a un réseau à l’ancienne ». Ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Certaines formes de collectivisme tirent avantage de la hiérarchie, alors que d’autres en souffrent. Des plateformes tels qu’Internet et Facebook, ou même la démocratie, qui servent de substrat à la production de biens ou à la fourniture de services, profitent de l’absence quasi totale de hiérarchie, laquelle réduit les obstacles à l’intégration et permet la répartition équitable des droits et responsabilités. Lorsque des acteurs puissants émergent, la structure dans son ensemble souffre. D’un autre côté, les organisations bâties pour créer des produits ont souvent besoin de dirigeants forts, et de hiérarchies organisées capable de se projeter dans l’avenir : l’un des niveaux se concentre sur les besoins immédiats, l’autre sur les cinq années à venir. Par le passé, il était quasi impossible de construire une organisation qui exploitait la hiérarchie tout en maximisant le collectivisme. Désormais, les réseaux numériques fournissent l’infrastructure nécessaire. Le Net donne la possibilité aux organisations concentrées sur le produit de fonctionner collectivement, tout en empêchant la hiérarchie d’en prendre totalement le pouvoir. L’organisation qui conçoit MySQL, une base de données Open Source, n’est pas animée par un refus romantique de la hiérarchie, mais elle est bien plus collectiviste qu’Oracle. De la même manière, Wikipédia n’est pas un bastion d’égalité, mais elle est largement plus collectiviste que l’encyclopédie Brittanica. Le c?ur élitiste que nous trouvons au centre des collectifs en ligne est en fait un signe que le socialisme sans État peut fonctionner à grande échelle. La plupart des occidentaux, moi y compris, ont été endoctrinés par l’idée que l’extension du pouvoir des individus réduit forcément le pouvoir de l’État, et vice versa. Pourtant, dans la pratique, la plupart des politiques socialisent certaines ressources et en individualisent d’autres. Les économies de marché ont pour la plupart socialisé l’éducation, et même les sociétés les plus socialisées autorisent une certaine forme de propriété privée. Plutôt que de voir le socialisme technologique comme une sorte de compromis à somme nulle entre l’individualisme du marché libre et une autorité centralisée, on peut le considérer comme un système d’exploitation culturel qui élève en même temps l’individu et le groupe. Le but, largement désarticulé mais intuitivement compréhensible, de la technologie communautaire consiste à maximiser l’autonomie individuelle et le pouvoir de ceux qui travaillent ensemble. Ainsi, on peut voir le socialisme numérique comme une troisième voie rendant les vieux débats obsolètes. Ce concept de troisième voie est également rapporté par Yochai Benkler, auteur de The Wealth of Networks (NdT : La richesse des réseaux), qui a probablement réfléchi plus que quiconque aux politiques des réseaux. Il affirme voir « l’émergence de la production sociale et de la production collective comme une alternative aux systèmes propriétaires et fermés, basés sur l’État ou le marché », notant que ces activités « peuvent accroître la créativité, la productivité et la liberté ». Le nouveau système d’exploitation, ce n’est ni le communisme classique et sa planification centralisée sans propriété privée, ni le chaos absolu du marché libre. C’est au contraire un espace de création émergeant, dans lequel la coordination publique décentralisée peut résoudre des problèmes et créer des richesses, là où ni le communisme ni le capitalisme purs et durs n’en sont capables. Les systèmes hybrides qui mélangent les mécanismes marchands et non marchands ne sont pas nouveaux. Depuis des décennies, les chercheurs étudient les méthodes de production décentralisées et socialisées des coopératives du nord de l’Italie et du Pays Basque, dans lesquelles les employés sont les propriétaires, prennent les décisions, limitent la distribution des profits et sont indépendants du contrôle de l’État. Mais seule l’arrivée de la collaboration à bas prix, instantanés et omniprésente que permet Internet a rendu possible la migration du c?ur de ces idées vers de nombreux nouveaux domaines telle que l’écriture de logiciels de pointe ou de livres de référence. Le rêve, ce serait que cette troisième voie aille au-delà des expériences locales. Jusqu’où ? Ohloh, une entreprise qui analyse l’industrie de l’Open Source, a établi une liste d’environ deux cent cinquante mille personnes travaillant sur deux cent soixante-quinze mille projets. C’est à peu près la taille de General Motors et cela représente énormément de gens travaillant gratuitement, même si ce n’est pas à temps complet. Imaginez si tous les employés de General Motors n’étaient pas payés, tout en continuant à produire des automobiles ! Jusqu’à présent, les efforts les plus importants ont été ceux des projets Open Source, dont des projets comme Apache gèrent plusieurs centaines de contributeurs, environ la taille d’un village. Selon une étude récente, la version 9 de Fedora, sortie l’année dernière, représenterait soixante mille années-homme de travail. Nous avons ainsi la preuve que l’auto-assemblage et la dynamique du partage peuvent gouverner un projet à l’échelle d’une ville ou d’un village décentralisé. Évidemment, le recensement total des participants au travail collectif en ligne va bien au-delà. YouTube revendique quelques trois cent cinquante millions de visiteurs mensuels. Presque dix millions d’utilisateurs enregistrés ont contribué à Wikipédia, cent soixante mille d’entre eux sont actifs. Plus de trente-cinq millions de personnes ont publié et étiqueté plus de trois milliards de photos et vidéos sur Flickr. Yahoo héberge près de huit millions de groupes sur tous les sujets possibles et imaginables. Google en compte près de quatre millions. Ces chiffres ne représentent toujours pas l’équivalent d’une entière nation. Peut-être ces projets ne deviendront-ils jamais grand public (mais si Youtube n’est pas un phénomène grand public, qu’est ce qui l’est ?). Pourtant, la population qui baignent dans les médias socialisés est indéniablement significative. Le nombre de personnes qui créent gratuitement, partagent gratuitement et utilisent gratuitement, qui sont membres de fermes logicielles collectives, qui travaillent sur des projets nécessitant des décisions collectives, ou qui expérimentent les bénéfices du socialisme décentralisé, ce nombre a atteint des millions et progresse en permanence. Des révolutions sont nées avec bien moins que cela. On pourrait s’attendre à de la démagogie de la part de ceux qui construisent une alternative au capitalisme et au corporatisme. Mais les développeurs qui conçoivent des outils de partage ne se voient pas eux-mêmes comme des révolutionnaires. On n’est pas en train d’organiser de nouveaux partis politiques dans les salles de réunions, du moins pas aux États-Unis (en Suède, le Parti Pirate s’est formé sur une plateforme de partage, et il a remporté un piètre 0,63% des votes aux élections nationales de 2006). En fait, les leaders du nouveau socialisme sont extrêmement pragmatiques. Une étude a été menée auprès de deux mille sept cent quatre-vingt quatre développeurs Open Source afin d’analyser leurs motivations. La plus commune d’entre elles est « apprendre et développer de nouvelles compétences ». C’est une approche pratique. La vision académique de cette motivation pourrait être : « si je bosse sur du code libre, c’est surtout pour améliorer le logiciel ». En gros, la politique pour la politique n’est pas assez tangible. Même ceux qui restent et ne participent pas au mouvement pourraient ne pas être politiquement insensibles à la marée montante du partage, de la coopération, de la collaboration et du collectivisme. Pour la première fois depuis des années, des pontes de la télévision et des grands magazines nationaux osent prononcer le mot tabou « socialisme », désormais reconnu comme une force qui compte dans la politique des États-Unis. À l’évidence, la tendance à la nationalisation de grosses portions de l’industrie, à l’établissement d’un système de santé public et à la création d’emplois avec l’argent du contribuable n’est pas dû en totalité au techno-socialisme. Ainsi les dernières élections ont démontré le pouvoir d’une base décentralisée et active sur le Web, dont le c?ur bat au rythme de la collaboration numérique. Plus nous tirons les bénéfices d’une telle collaboration, plus nous nous ouvrons la porte à un avenir d’institutions socialistes au gouvernement. Le système coercitif et totalitaire de la Corée du Nord n’est plus, le futur est un modèle hybride qui s’inspire de Wikipédia et du socialisme modéré de la Suède. Jusqu’où ce mouvement nous rapprochera-t-il d’une société non capitaliste, Open Source, à la productivité collaborative ? Chaque fois cette question apparue, la réponse a été : plus près que nous le pensons. Prenons Craigslist, par exemple. Ce ne sont que des petites annonces classées, n’est-ce pas ? Pourtant, ce site a démultiplié l’efficacité d’une sortie de troc communautaire pour toucher un public régional, puis l’a amélioré en intégrant des images et des mises à jour en temps réel, jusqu’à devenir soudain un trésor national. Fonctionnant sans financement ni contrôle public, connectant les citoyens entre eux sans intermédiaire, cette place de marché essentiellement gratuite produit du bien et du lien social avec une efficacité qui laisserait pantois n’importe quel gouvernement ou organisation traditionnelle. Bien sûr, elle ébranle le modèle économique des journaux, mais en même temps il devient indiscutable que le modèle de partage est une alternative viable aux entreprises à la recherche permanente de profits et aux institutions civiques financées par les impôts. Qui aurait cru que des paysans précaires pourraient obtenir et rembourser des prêts de cent dollars accordés par de parfaits étrangers vivant à l’autre bout du monde ? C’est ce que réussit Kiva en fournissant des prêts de pair-à-pair. Tous les experts de santé publique ont déclaré sous le sceau de la confidentialité que le partage, ça convenait pour les photos, mais que personne ne partagerait son dossier médical. Pourtant, PatientsLikeMe, où les patients mettent en commun les résultats de leurs traitements pour échanger et mieux prendre soin d’eux mêmes, a montré que l’action collective peut contredire les médecins et leurs craintes concernant la confidentialité. L’habitude de plus en plus répandue qui consiste à partager ce que vous pensez (Twitter), ce que vous lisez (StumbleUpon), ce que vous gagnez (Wesabe), bref tout et n’importe quoi (le Web) est en train de devenir prendre une place essentielle dans notre culture. En faire de même en créant des encyclopédies, des agences de presse, des archives vidéos, des forges logicielles, de façon collaborative, dans des groupes rassemblant des contributeurs du monde entier sans distinction de classe sociale, voilà ce qui fait du socialisme politique la prochaine étape logique. Un phénomène similaire s’est produit avec les marchés libres du siècle dernier. Chaque jour, quelqu’un demandait : « Y a-t-il quelque chose que les marchés ne peuvent pas faire ? ». Et on établissait ainsi une liste de problèmes qui semblaient nécessiter une planification rationnelle ou un mode de gouvernance paternaliste en leur appliquant une logique des places de marché. Dans la plupart des cas, c’était la solution du marché qui fonctionnait le mieux, et de loin. Les gains de prospérité des décennies récentes ont été obtenus en appliquant les recettes du marché aux problèmes sociaux. Nous essayons aujourd’hui d’en faire de même avec la technologie sociale collaborative, en appliquant le socialisme numérique à une liste de souhaits toujours plus grande (jusqu’aux problèmes que le marché libre n’a su résoudre) pour voir si cela fonctionne. Pour l’instant, les résultats ont été impressionnants. Partout, la puissance du partage, de la coopération, de la collaboration, de l’ouverture, de la transparence et de la gratuité s’est montrée plus pragmatique que nous autres capitalistes le pensions possible. À chaque nouvelle tentative, nous découvrons que le pouvoir du nouveau socialisme est plus grand que nous ne l’imaginions. Nous sous-estimons la capacité de nos outils à remodeler nos esprits. Croyions-nous réellement que nous pourrions construire de manière collaborative et habiter des mondes virtuels à longueur de temps sans que notre perception de la réalité en soit affectée ? La force du socialisme en ligne s’accroît. Son dynamisme s’étend au-delà des électrons, peut-être même jusqu’aux élections. Suite...• Framakey Ubuntu-fr Remix
Framasoft et Ubuntu-fr sont fiers de vous annoncer la naissance de leur fille « Framakey Ubuntu-fr Remix ». Elle est bien précoce car elle sait déjà marcher ! Pour en savoir plus :
PS : Ouf, juste avant les RMLL ! Suite...• L'académie en ligne ou la fausse modernité de l'Éducation nationale
Cet épisode révélateur vient clore une nouvelle année plus que fade pour le logiciel libre et son état d’esprit à l’école, puisque, à notre connaissance, pas une mesure sérieuse d’envergure a été officiellement prise en sa faveur, au cours de l’exercice 2008/2009 (on aura ainsi attendu en vain l’équivalent d’un rapport Becta de chez nous). Logiciels, formats, et surtout, comme nous le verrons plus bas, ressources devront encore patienter pour s’engager pleinement sur le chemin de la liberté. Malgré les efforts de nombreuses personnes, la rue de Grenelle a tranché : c’est une fois de plus le redoublement ! Un projet ambitieux : l’académie en ligneComme souvent, il y a au départ une louable intention répondant à un réel besoin avec ce projet d’académie en ligne, inauguré officiellement le 19 juin dernier par l’ex-ministre Xavier Darcos.
Excellente et exaltante idée que de vouloir ainsi « mettre à la disposition de tous l?intégralité des contenus d?enseignement ». Voilà qui sera d’une grande utilité non seulement aux élèves mais aussi à tous ceux qui sont un peu curieux de que l’on apprend à l’école (et parmi les effets secondaires positifs, on en profitera au passage pour réduire l’influence croissante et lucrative du parascolaire privé sur le temps non scolaire). Visite surprise du site : le fondIntrigué, je me suis donc rendu sur le site en question. Mon propos n’est pas ici d’en évaluer dans le détail la qualité et la pertinence pédagogique. Mais permettez-moi néanmoins au passage de donner un rapide et humble avis sur ce que je connais un peu, à savoir les mathématiques du secondaire. Pour le collège on a visiblement découpé en rondelles PDF une sorte de cahiers d’activités (toujours sur le même moule : « je me souviens, je retiens, je m’exerce, je relève un défi »). La correction des exercices est à télécharger séparément. Pour le lycée, c’est plus solide mais c’est un peu comme si on avait saucissonné, toujours uniquement en PDF, un semblant de manuel scolaire cette fois. On a le cours et des exercices d’application corrigés. Pas très moderne, didactiquement parlant. Si l’élève[1] a eu la bonne idée de conserver son propre manuel de l’année écoulée, autant travailler sur ce dernier, ces documents en ligne n’apportant a priori pas grand chose de plus (il économisera de l’encre et du papier qui plus est). J’ai jeté également un ?il (non avisé) sur les mathématiques du primaire. Ce n’est plus du PDF mais des animations au format Flash qui sont proposées. Ça bouge, ça parle et il y a de jolies couleurs, mais c’est toujours la même et lancinante structure : une première partie où l’on écoute passivement une petite explication et une seconde partie avec des exercices pseudo-interactifs où a la première erreur on nous dit systématiquement : « tu t’es trompé, recommence ! » et à la deuxième : « tu t’es trompé regarde bien la solution ! ». Au final, tout ceci a le mérite d’exister mais c’est tout de même « un poil » décevant (mettez-vous à la place d’un élève qui débarque sur le site en souhaitant réviser en toute autonomie). C’est comme si le CNED avait mis en ligne des documents préexistants qu’il distribue j’imagine pendant l’année à ses élèves. Il n’y a visiblement pas eu de réflexion sur le spécificité des cours d’été, cette période particulière où l’on se trouve entre deux niveaux. Visite surprise du site : la formeJ’ai balayé quelques pages du reste du contenu. Il m’a semblé que l’on retrouvait peu ou prou le même modèle pour les autres disciplines. La seule nouveauté repérée concernait la présence de ressources audios pour les langues (anglais et espagnol), qui étaient elles-aussi mises à disposition au format Flash. Du format audio (le mp3 en l’occurrence) encapsulé dans du format Flash, impossible donc de télécharger ces séquences sonores (« Hello my name is John, repeat after me ») pour les écouter sur la plage dans son iPod. Nous n’avons donc que deux formats, le PDF et le Flash. Le premier est un format ouvert quand l’autre ne l’est pas, mais ce que l’on peut surtout faire remarquer c’est que ce sont des formats qui ne permettent généralement pas les modifications. En effet, si vous voulez mettre à jour un fichier PDF, vous devez disposer du format natif qui a généré votre PDF (par exemple le traitement de texte Word de MS Office ou, mieux, Writer d’OpenOffice.org). Par analogie avec les logiciels, on pourrait dire que le fichier traitement de texte est le fichier source tandis que le fichier PDF est le fichier compilé (idem avec le Flash dont tout changement demande la présence des sources au format .fla). Sur l’académie en ligne ces fichiers d’origine sont absents. Les ressources mises à disposition sont pour ainsi dire « figées dans la vitrine ». Dernière remarque. Les pages du site sont au format ASPX caractéristiques de la technologie Web de Microsoft. Ce ne sont pourtant pas les solutions libres qui manquent aujourd’hui pour construire des sites de qualité. Je ne pense pas que ce soit lié mais on peut aussi faire observer en passant que l’ergonomie générale du site laisse lui aussi pour le moment à désirer. Visite surprise du site : la législation en vigueurIl n’est techniquement pas possible de modifier les fichiers proposés ou d’embarquer les sons sur son baladeur. Mais, ceci expliquant sûrement cela, il est surtout juridiquement impossible de le faire. Les mentions légales (et plus particulièrement son paragraphe 3 « Propriété intellectuelle ») sont en effet très contraignantes, et malheureusement révélatrices du climat ambiant. D’ailleurs je viens déjà de me mettre en infraction à cause du lien ci-dessus ne pointant pas sur la page d’accueil du site ! Premier extrait (c’est moi qui souligne) :
Thierry Stoehr et Benoit Sibaud apprécieront cette interdiction de liaison (pourtant ontologiquement indissociable du Web). Mais, plus fort encore, deuxième extrait concernant les cours proprement dits :
Vous avez bien lu. Pour rappel nous sommes sur un service public d’éducation. Si je partage je m’expose donc alors à des sanctions pour le moins disproportionnées. Cela ne vous rappelle rien ? Hadopi bien sûr, à la différence prêt que l’école est le lieu même de la transmission et que les auteurs des ressources sont des fonctionnaires de l’état français qui ne sont généralement pas payés (plusieurs fois) sur leurs droits d’auteur mais (une fois) sur leur salaire provenant de nos impôts. Je suis enseignant et je souhaite distribuer ces ressources à mes élèves ? Interdiction. Je souhaite les adapter à mes besoins et (re)déposer ce travail dans le pot commun ? Interdiction. Je suis animateur dans un Espace public numérique ou dans un réseau d’éducation populaire et souhaite en faire profiter collectivement mon public ? Interdiction. Je suis un élève et souhaite distribuer les ressources à mes camarades qui n’ont pas accès à Internet ? Interdiction. La liste est longue et non exhaustive… Ces mentions légales étaient-elles forcément les plus adaptées à la situation et à l’objectif fièrement affiché ? Rien n’est moins sûr. N’y aurait-il pas une certaine légitimité à les remettre en question, ou tout du moins à se poser quelques questions ? Quelques ombres planent : 1. L’alternative Sésamath et les associations d’enseignantsIl est dès lors difficile d’évoquer ce projet sans penser en arrière-plan à l’association de professeurs Sésamath (que les lecteurs du Framablog connaissent bien désormais). Quand bien même elle ne concerne que le champ des mathématiques, la comparaison est en effet riche d’enseignements. Sur la forme, les ressources mises à disposition par Sésamath sont elles aussi principalement proposées au format PDF et Flash, à ceci près que les sources sont également présentes. Et c’est loin d’être un détail parce que c’est la conséquence directe de la plus grande différence de départ entre cette académie en ligne et les travaux de l’association : la licence des ressources. Fermée pour l’académie mais ouverte pour Sésamath, qu’il s’agisse de la GNU FDL (pour les manuels et les cahiers) ou de la GPL pour les logiciels (dont le fameux Mathenpoche). Avec un tel choix de licences libres, toutes les interdictions mentionnées précédemment sont levées ! Mais peut-être plus important encore,le fond, c’est-à-dire la qualité des documents. Ce n’est pas parce qu’une structure accole du jour au lendemain une licence libre à ses travaux que ces derniers vont, tel un coup de baguette magique, gagner en qualité. Il y a bien entendu des facteurs autrement plus importants qui entrent en ligne de compte. Il n’empêche que cela participe à la création d’un terreau fertile à l’épanouissement des ressources. La licence libre donne confiance, induit la circulation, la collaboration et donc a priori l’amélioration (je peux copier, modifier et reverser en toute liberté dans le pot commun sans que quiconque puisse un jour refermer le couvercle). Le projet peut échouer bien entendu, mais on lui aura ainsi facilité en amont ses chances de réussite. Réussite qui a bien eu lieu ici avec Sésamath, où qualité, mais aussi quantité, réalisées à plusieurs mains sont au rendez-vous. Je souhaite cet été que mon gamin, futur lycéen, révise le théorème de Thalès vu en troisième ? Sur l’académie en ligne vous avez droit à votre unique fiche d’activité PDF à imprimer (Internet ne sert donc à rien d’autre ici qu’à stocker la ressource). Sur Sésamath par contre c’est un autre son de cloche. Vous avez plus d’une centaine de questions interactives via Mathenpoche, accompagnées si vous le désirez par les exercices du cahier correspondant (exemple), ainsi que le chapitre complet du manuel libre du niveau considéré. Mais il y a mieux, avec leur nouveau projet Kidimath, tout (et plus encore : rappels de quatrième, annales du Brevet, QCM…) est regroupé dans une seule et même interface spécialement conçue pour le travail de l’élève hors du temps scolaire ! Allez-y, cliquez sur 3ème puis Thalès, et vous serez bluffé par la qualité et la quantité du contenu proposé (et optimisé pour Internet). Et il en va de ce chapitre particulier comme de tous les autres chapitres de tous les niveaux du collège ! D’où évidemment la question suivante : mais pourquoi diable le ministère n’a-t-il pas fait appel à Sésamath pour collaborer sur la partie mathématique de l’académie en ligne ? Quel intérêt de laisser le CNED proposer seul dans son coin ces maigres ressources alors que l’on possède en son sein des enseignants aussi productifs ayant une solide expérience du « travailler ensemble » ? Je n’ai pas la réponse à ce qui, vu de l’extérieur, est un pur mystère, voire un beau gaspillage d’énergie (cf le syndrome Not Invented Here). Tout au plus peut-on supputer que c’est lié à une question de gouvernance : une décision qui se prend seule en haut en désignant un unique interlocuteur bien identifié en bas pour exécuter la tâche (en l’occurrence le CNED). Peut-être aussi que l’absence de volonté de mettre en avant le logiciel libre à l’école ne favorise pas chez nos élites l’appropriation de sa culture, ses valeurs… dont la collaboration est l’un des piliers. L’Éducation nationale est une cathédrale et non un réseau social (et encore moins une communauté). Toujours est-il qu’il y a tout de même un élément de réponse simple à la question. Tant que les mentions légales du projet d’académie en ligne resteront en l’état, il ne sera pas possible à un Sésamath de s’impliquer, pour la bonne raison que les licences sont totalement incompatibles. Et n’allez pas croire que Sésamath est seul à bord du navire. Il en est certes à la proue mais derrière lui d’autres associations d’enseignants sont elles-aussi très actives et productives. Je pense notamment à Weblettres ou les Clionautes, qui respectivement en français et en histoire et géographie, font référence parmi les collègues. D’ailleurs ces trois association sont en partenariat autour du projet CapBrevet et on fait l’objet d’une sérieuse étude dans le n° 65 des Dossiers de l’ingénierie éducative consacré justement au travail collaboratif. Lecture chaudement recommandée, quand bien même on occulte un peu la question pourtant primordiale des licences, qui différencie, mais pour combien de temps encore, Sésamath de ses deux partenaires. En tout cas, cela fait déjà pas mal de monde qui aurait pu participer au projet en le bonifiant de son savoir-faire. Ne nous privons pas de nos talents, conjuguons-les pour le plus grand bénéfices de nos élèves ! Quelques ombres planent : 2. Les éditeurs scolairesUne autre éventuelle piste de réponse à la question précédente peut être recherchée du côté des éditeurs scolaires. J’avoue humblement être très peu au fait des relations entre ces éditeurs et le ministère, mais il y a fort à parier qu’on a voulu un tant soit peu les ménager ici. Imaginez en effet la mise à disposition sous licence libre de ressources pédagogiques en collaboration réelle avec les enseignants et leurs associations, ouvertement accessibles sur des forges spécialement dédiées, pour toutes les disciplines et pour tous les niveaux ! Nul doute que cela finirait par impacter fortement le marché de l’édition scolaire (en fait cela irait beaucoup plus loin en impactant directement et durablement la manière même dont les enseignants, et même les élèves, travaillent). Une telle éventualité signifierait à terme ni plus ni moins que la mort lente mais annoncée du système actuel. L’industrie du disque et leurs CD pressés ont, semble-t-il, aujourd’hui quelques « menus problèmes » avec l’avènement du numérique. Les éditeurs scolaires et leurs manuels scolaires imprimés auront à n’en pas douter des difficultés similaires demain. On connait l’histoire : soit on se rétracte en défendant le plus longtemps possible des positions et habitudes hérités du siècle dernier, soit on s’adapte en créant de nouveaux modèles et en associant étroitement ici les fans de musique et là les enseignants. Mais ne prenons aucun risque et épargnons-nous cette crise potentielle. D’abord parce que ces ressources sont donc sous licence non libre (on pourrait dire « propriétaires » dans le langage des logiciels) mais aussi parce que, autant appeler un chat un chat, elles sont en l’état de piètre qualité. C’est à prendre tel quel ou à laisser, nous dit la licence. Et la piètre qualité achève notre choix. Le privé conserve son avantage, l’été sera chaud mais non incandescent. On notera cependant qu’il n’y a pas que les éditeurs privés qui soient concernés. Une structure comme le CNDP dont le budget dépend pour beaucoup des ventes de son catalogue pédagogique (où à ma connaissance rien ou presque n’a encore été mis sous licence libre) peut également se voir contrariée voire contestée dans sa manière de fonctionner. Idem pour les traditionnels partenaires culturels de l’Éducation nationale. Pour le moment feignons de croire que le copyleft n’existe pas et qu’il n’y a de ressources que les ressources fermées soumises aux droits d’auteur d’avant l’Internet. Et rassurons les partenaires en payant plusieurs fois et pour des durées limitées l’accès à ces ressources. Quelques ombres planent : 3. Le boum des ressources éducatives libresLicences fermées, professeurs peu impliqués et éditeurs confortés dans leur immobilisme… tout ceci ne devrait pas tenir longtemps parce que par delà nos frontières c’est la pleine effervescence autour de ce que l’on appelle les ressources éducatives libres. Et c’est bien plus qu’une ombre qui plane, c’est une véritable mutation qui s’annonce. De quoi s’agit-il exactement ? En creux (académie en ligne) ou en plein (Sésamath), nous en parlons en fait implicitement depuis le début de cet article. Difficile pour l’heure d’en donner une définition précise, tant le concept est nouveau et en mouvement, mais on peut voir ces ressources éducatives libres comme une tentative de transposition des principes fondamentaux du logiciel libre. Usage, copie, modification et distribution (sans entrave et sans discrimination), ces principes garantissent un certain nombre de libertés aux utilisateurs tout en favorisant l’échange, le partage et l’amélioration collective du logiciel. Cela présuppose que le logiciel soit placé sous une licence libre qui légitime et explicite ces droits. Et c’est pourquoi nous insistons tant sur le choix ou non d’une telle licence. À partir de là, voici la définition qu’en donne actuellement Wikipédia : « l’expression Ressources Éducatives Libres (REL) désigne un mouvement mondial initié par des fondations, universités, enseignants et pédagogues visant à créer et distribuer via internet des ressources éducatives (cours, manuels, logiciels éducatifs, etc.) libres et gratuites ». Pour aller plus loin je vous invite à lire la Déclaration de Dakar sur les Ressources Educatives Libres adoptée le 5 mars 2009 au cours du Campus numérique francophone de Dakar, évènement organisé à l?initiative du Bureau Régional pour l?Education en Afrique de UNESCO, de l?Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), et de l?Agence universitaire de la Francophonie (AUF). On pourra également parcourir la traduction française de ce document de l’UNESCO : Open Educational Resources: the Way Forward. Mais dans ce domaine ce sont clairement les anglophones qui ont une bonne longueur d’avance, l’expression ressources éducatives libres n’étant d’ailleurs à la base qu’une traduction de Open Educational Ressources (ou OER). Chez eux la réflexion est menée depuis longtemps et les initiatives se multiplient : les pionniers de l’OpenCourseWare au MIT, OER Commons, OpenCourseWare Consortium, Teachers without Borders, The Cape Town Open Education Declaration, Open Education and Mozilla, WikiEducator (auteur de l’OER Handbook for Educators que l’on ne désespère pas de traduire un jour), les projets de manuels scolaires libres dans le secondaire comme en Californie, et Wikiversity (dont le fort intéressant cours Composing free and open online educational resources) pour ne citer que ceux-là. Mesurons-nous en effet pleinement les conséquences de l’accessibilité complète sur Internet de telle ressources, comme par exemple ce cours de Programming Methodology dans la cadre d’un cursus informatique donné à la prestigieuse université de Standford ? Et, attention, on parle bien ici d’accessibilité complète. Pour chaque séquence vous avez la vidéo (sous différents formats : YouTube, iTunes, format natif mp4 distribué en torrent via le réseau… P2P !) et sa transcription (au format PDF mais aussi html), des exercices et des annales (et leurs corrections), ainsi que des logiciels à télécharger, des notes et des références bibliographiques. C’est très impressionnant et le tout est proposé sous la licence libre Creative Commons By (cf Les licences Creative Commons expliquées aux élèves), signifiant par là-même que du moment que vous conservez et respectez la paternité du travail, vous pouvez, de n’importe quel point du globe, utiliser, télécharger, copier, modifier, distribuer et même en faire commerce ! À comparer avec ce que propose l’académie en ligne, qui à peine née semble déjà quelque part obsolète ! Avec ce projet, le ministère avait une occasion rêvée de s’inscrire enfin dans cette dynamique. Force est de constater qu’il ne l’a pas saisie. La France institutionnelle prend un retard qu’il lui sera difficile par la suite de combler. Un discours qui se voulait moderneÀ la lumière de ce que nous venons d’exposer, je vous laisse apprécier le discours de presse du ministre prononcé lors du lancement du projet (et dont la lecture a motivé ce billet). Morceaux choisis.
Pour ma part, je ne me résous pas à ce que cet accès au savoir se fasse dans ces conditions. Et j’ai parfois l’impression que la situation du Libre à l’école est un peu « affaire de moyens, de relations ou de circonstances ».
L’opportunité est en effet extraordinaire de « mettre le savoir à la portée de tous, tout le temps et partout ». Mais pourquoi ne pas être allé au bout de la démarche ? Est-ce que le CNED est la seule entité capable de produire « des connaissances à partir de ressources précises, fiables, hiérarchisées selon une logique cohérente » ?
L’Éducation nationale est divisée en académies. Affirmer que l’on jette ainsi la première pierre à une 31e académie donne la mesure de l’ambition. Mais la véritable mutation aura-t-elle lieu ?
Quand le paradoxe frise la contradiction. Au risque de nous répéter, comment voulez-vous que les professeurs s’y retrouvent si on leur interdit la moindre modification ? Quant aux pays d’Afrique, ils apprécieront de ne pouvoir distribuer les ressources en direction des populations non connectées à Internet. Impliquons-les! Qu’ils soient avec nous acteurs du contenu plutôt que simples spectateurs bridés, le « rayonnement de la langue française » ne s’en portera que mieux. Le mot « gratuit » est prononcé cinq fois dans le discours. Il est tant de d’affirmer clairement (et péremptoirement) notre position : l’académie en ligne ne doit pas être gratuite, elle doit être libre. Il se trouve qu’en étant libre elle sera effectivement disponible gratuitement, mais ça n’en sera qu’une conséquence. Et n’oublions pas d’ailleurs, comme cela a déjà été dit, que derrière ces ressources il y a ici des enseignants du CNED payés sur leur temps de travail pour les produire (aux frais du contribuable, ce qui n’est pas gratuit). Les libertés d’utiliser, de copier, de modifier et de distribuer des ressources éducatives, sur des formats ouverts et lisibles par des logiciels libres, ne sont-elles pas ici plus fondamentales que la gratuité, a fortiori dans le domaine éducatif ? Et le ministre de surenchérir, dans sa lettre aux parents cette fois (qui fait également l’objet d’une vidéo) :
Substituons « librement » à « gratuitement », et c’est d’un coup l’horizon des possibles qui s’élargit, tout en étant certainement plus proche de ces fameux principes républicains. Le jour où un ministre de l’Éducation Nationale dira que « naturellement, ces ressources seront accessibles librement » alors les lignes auront bougé.
On a raison de s’inquiéter de l’emprise de Google. Mais est-ce ainsi que l’on construit « le premier réseau numérique de diffusion des connaissances » capable lui faire concurrence ? La suite du discours est du même acabit, si ce n’est qu’elle est révélatrice d’une certaine confusion vis-à-vis de la modernité.
Les expressions marketing sont lâchées… On met les guillemets au web 2.0 mais pas au web participatif. Comme si nous étions tous d’accord sur le sens accordé. Je ne vois pas en quoi placer quelques vidéos sur Dailymotion (avec commentaires désactivés !) et communiquer via ces nouveaux canaux que sont Facebook et Twitter procèdent de la participation (ce sont tous en outre des services privés reposant sur des logiciels propriétaires susceptibles de poser quelques problèmes vis-à-vis de la protection des données personnelles). De ce point de vue là, l’actuelle Consultation publique sur l?Internet du futur, avec son bon vieux formulaire à remplir, est bien plus participative à mes yeux (si, contrairement au forum de la mission E-educ, on prend réellement en compte les contributions). Ce qui est sûr c’est qu’en plus de ses ressources « verrouillées », l’académie en ligne version juin 2009 n’est en rien participative. Aucun espace pour y laisser la moindre trace, pas même une page de contact !
Nous attendrons encore un peu. N’ayez pas peurLa conclusion du discours ouvre cependant une fenêtre d’espoir.
Pour la première fois en effet on a troqué la gratuité pour la liberté. Ayant conscience de l’ampleur de la tâche, on nous dit aussi que l’on souhaite proposer de « nouveaux services » aux enseignants. Il est encore temps de rectifier le tir (la présence d’un nouveau ministre étant d’ailleurs un facteur favorable). Le diagnostic est bon, le remède beaucoup moins. Oublions les Facebook, Twitter, Dailymotion et autres gadgets de communication légèrement hors-sujet par rapport aux réels enjeux. Et osons faire passer l’académie en ligne du mode « lecture seul » au mode « lecture / écriture ensemble ». Car le plus grand service que l’on puisse rendre présentement aux enseignants est d’inscrire ce projet dans le cadre des ressources éducatives libres. Il s’agirait alors bien sûr d’une véritable petite « révolution culturelle » au sein du ministère, nécessitant de repenser, parfois en profondeur, les relations entre l’institution et les différents acteurs du monde éducatif. Mais pourquoi attendre (puisque c’est inéluctable) ? Sauf à vouloir aller contre les objectifs même de ce projet, cette décision, certes courageuse mais pleine de bon sens, serait alors réellement à même de faire « participer le ministère de l?Éducation nationale aux évolutions de son temps ». Dans le cas contraire, regarder passer le train des ressources éducatives libres constituerait selon nous une triple erreur : historique, politique et par dessus tout pédagogique. Suite...• Firefox 3.5 en vidéo 3 minutes chrono Ce n’est pas peu dire qu’on attend avec impatience la sortie officielle (et désormais imminente) de la première version stable 3.5 du célèbre navigateur qui a changé la face du Web ! Vous voulez savoir pourquoi ? Alors jetez un coup d’?il sur cette vidéo présentée par Mike Beltzner, le boss du développement Firefox chez Mozilla. Cela dure moins de trois minutes, mais c’est normal puisqu’on vous dit que cette version est rapide, rapide… Un sous-titrage collectif de toute l’équipe Framalang qui souhaitait marquer le coup et participer elle aussi à l’évènement ;-) What’s new in Firefox 3.5 ?La vidéo au format OGG à télécharger (10 Mo) Suite...• Des bienfaits en tout point positif de la concurrence d'Apple et Microsoft à l'école
Plusieurs sociétés se font concurrence sur le même marché. L’offre se multiplie, les prix baissent, et c’est le consommateur ravi qui en profite. La mécanique est bien huilée, et ce ne sont pas les quelques crises conjoncturelles et situations de monopole qui apparaissent de temps en temps qui doivent nous faire douter du bien fondé du modèle. Le discours dominant n’a de cesse de nous le rappeler, accompagnant toute critique d’une réponse ferme et définitive : il n’y a pas d’alternative. Que se passe-t-il lorsque le marché se trouve être l’éducation ? On prend certes un peu plus de précautions, mais la logique est rigoureusement la même puisque, on vous l’a déjà dit, il n’y a pas d’alternative. Et c’est ainsi que l’on peut tranquillement mettre entre les mains des jeunes enseignants (en l’occurrence des professeurs des écoles stagiaires à l’IUFM), des articles sans nuances comme celui que nous allons vous présenter et commenter aujourd’hui. Paru en avril 2009, il est issu d’un hors-série « gratuit » spécial IUFM du journal La Classe dont l’éditeur, le groupe Martin Media, se présente comme un « professionnel de l?enseignement primaire ». Vous pouvez le télécharger à cette adresse du site (l’article en question se trouvant en page 16-17). Tout de suite, on annonce la couleur :
On eût aimé un peu plus de retenue mais il n’y a pas d’altern… L’idée c’est donc de vous raconter comment l’activisme éducatif de ces deux géants bénéficie à l’école. Ce qui n’interdit pas quelques éclairs de lucidité (bien vite balayés d’un revers de plume) :
Les mauvaises langues n’ont rien à dire puisque fleurissent les actions innovantes. Pour rappel le mot « innovation » (et toutes ses déclinaisons) a été annexé par Microsoft et son partenaire le Café Pédagogique. Mais point de procès d’intention. Regardons un peu les « actions innovantes » exposées. Il y a du podcasting chez Apple, de l’ENT et la suite MS Office 2007 offerte « sans frais » aux enseignants chez Microsoft. Et c’est tout. Autrement dit rien qui n’augure de la qualité pédagogiquement innovante de ces actions.
Conférences, formations et ressources TICE proposées directement par Microsoft et Apple. Nous ne disposons certainement d’aucune compétence interne pour devoir ainsi nous reposer sur les épaules ces deux géants américains.
Nous ne sommes pas chez Auchan mais c’était tout de même important de préciser le montant de la remise. VRP Apple pour votre collectivité, ça vous dirait ? Ce n’est pas rémunéré mais à vous la gloire d’avoir fait économiser 8% à votre commune ! Quant aux offres de types AbulÉdu - Ryxeo, évidemment nous ne saurons rien.
Il y a certes évolution, mais est-elle nécessairement positive ? Quant au « pédagogique », il est peut-être de trop. Et pour finir, la caution d’un drôle de témoignage d’un formateur IUFM :
Les deux derniers mots de l’article seront donc, ô surprise, pour les logiciels libres. Mais quel étrange contexte pour leur apparition ! Les agissements des uns aboutiraient donc à la multiplication des autres ? J’eus été l’auteur, je serais allé au bout de ma démarche en concluant ainsi : « cela dynamise fortement l?intégration des TICE dans la pratique pédagogique des professeurs, et aboutit aussi à freiner la multiplication des logiciels libres ». Il n’empêche qu’ils sont cités. Et c’est le petit grain de sable dans la machine parce que peut-être, finalement, qu’il existe quand même des alternatives (des alternatives bien moins compétitives que coopératives). En les ignorant nous avons un article en apparence factuel et objectif. En les prenant en considération, nous sommes alors face à un texte bien moins neutre qu’il n’y parait. Manipulation et propagande ne sont plus très loin… Cher nouveaux collègues, abonnez-vous à « La Classe » si bon vous semble mais n’oubliez pas d’élargir votre horizon TICE avec d’autres sources d’information (pourquoi pas le Framablog par exemple, l’abonnement est plus que gratuit, il est libre). Vous y lirez alors que lorsque Apple ou Microsoft s?immiscent dans l?éducation (sans oublier Google), ce n’est pas forcément « en tout point positif », cette intrusion, pas toujours désirée, impactant non seulement les logiciels libres mais, aussi et surtout, les mentalités. Histoire de ne pas payer cet article gratuit au prix fort… Suite...• Largage de liens en vrac #19
Voici donc une sélection qui contrairement à beaucoup d’entre vous est loin d’être au régime. Et n’oubliez jamais que « ebony and ivory live together in perfect harmony »[1].
Notes[1] Crédit photo : Silvio Tanaka (Creative Commons By) • Difficile de supporter Microsoft quand il supporte ainsi l'ODF
A posteriori je me rends compte qu’il aurait peut-être mieux valu attendre les tests techniques avant de témoigner d’un quelconque enthousiasme. Ce que n’ont pas manqué de pointer certains commentateurs lucides[1] du billet en question. Or justement les premiers tests poussés ont été effectués. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ne sont pas bons. C’est ce que nous expose l’ODF Alliance dans un article traduit ci-dessous pas nos soins. Dit autrement sur un mode plus familier, Microsoft s’est légèrement foutu de notre gueule. Sauf qu’on n’est pas là pour rigoler parce que les enjeux sont très importants. En effet Microsoft possède aussi son format bureautique, l’Office Open XML (ou OOXML), qu’elle tente par tous les moyens d’imposer, avec la complicité de l’ISO. Que dans ce contexte le gouvernement, en publiant (enfin) récemment une nouvelle version de travail du Référentiel Général d’Interopérabilité (RGI), n’ait rien trouvé de mieux à faire que de… ne pas choisir et donc légitimer de fait le format OOXML, est un véritable camouflet infligé à ceux qui se battent pour dénoncer de tels agissements. Merci à l’April de « dénoncer une capitulation du gouvernement français qui soigne le marché de Microsoft au détriment de l’objectif d’interopérabilité » (même si à titre personnel je souhaite qu’on aille plus loin que la mise en ligne d’un simple communiqué). Loin de l’opinion (qu’on a déjà eu du mal à intéresser à l’Hadopi), la guerre des formats bureautiques entre l’ODF et l’OOXML se poursuit. On se croirait dans le film Le bon, la brute et le truand, Microsoft jouant à la fois le rôle de la brute et du truand. Le support du format ODF par Microsoft laisse à désirerMicrosoft?s ODF Support Falls Short Communiqué de presse (Marino Marcich et Beth Dozier) - 19 mai 2009 - ODF Alliance Les conclusions de l’ODF Alliance montrent qu’on est encore loin d’une réelle interopérabilité. En ce jour, l’OpenDocument Format (ODF) Alliance signale que de sérieuses carences dans le support d’ODF par Microsoft doivent être corrigées pour assurer une meilleure interopérabilité avec les autres logiciels qui supportent ODF. « Le support d’ODF représente un test important, sur le long terme, de l’engagement de Microsoft pour une réelle interopérabilité », a déclaré le directeur général de l’ODF Alliance, Marino Marcich. « Malheureusement, de graves défauts ont été identifiés dans le support ODF de Microsoft. Le fait de mettre potentiellement en circulation des millions de fichiers ODF non-interopérables et incompatibles avec le support ODF que garantissent d’autres éditeurs ne peut que mener à la décomposition du standard. » Le 28 avril 2009, Microsoft a publié le Service Pack 2 pour Office 2007, qui donne aux utilisateurs la possibilité d’ouvrir et de sauvegarder des fichiers ODF. Pourtant, un premier test du support d’ODF dans Office 2007 (voir l’analyse) a révélé de graves défauts qui, sans correction, iraient à l’encontre de l’interopérabilité basée sur les standards ouverts que le marché, et en particulier les gouvernements, exige. « Un bon nombre de tests d’interopérabilité de base entre Microsoft Office 2007 et diverses suites logicielles compatibles avec ODF ont révélé que le niveau d’interopérabilité est bien loin des exigences gouvernementales partout dans le monde », a ajouté Marcich. « Par exemple, même les fonctions de tableur les plus basiques, comme l’ajout des nombres de deux cellules, étaient simplement supprimées dans un fichier ODF qu’on a ouvert et re-sauvegardé dans Microsoft Office 2007. Un document créé dans une autre application supportant l’ODF, puis re-sauvegardé dans Microsoft Office 2007, a un rendu différent (disparition de puces, numéros de page, tableaux et autres objets, polices altérées), compliquant sérieusement la collaboration avec Office 2007 sur un fichier ODF. On a même découvert que certains plugins créés par d’autres que Microsoft offraient un meilleur support ODF que le récent Microsoft Office 2007 SP2. C’est tout sauf un moyen d’arriver à l’interopérabilité demandée par le marché autour de ce format. » « Les historiques de modifications sont essentiels pour le travail collaboratif, et les formules sont l’essence des feuilles de calcul. L’échec de Microsoft de supporter l’un comme l’autre dans le SP2 est révélateur de sa volonté concrète d’arriver à une réelle interopérabilité », a poursuivi Marcich. « Compte tenu des lacunes dans le support de l’ODF, il faut que les gouvernements continuent d’exiger que Microsoft implémente le support pour une bonne utilisation avec les logiciels d’autres éditeurs. » Malgré ces problèmes, Marcich a noté l’intérêt croissant pour l’ODF. « Le fait que Microsoft se soucie fortement désormais du support de l’ODF suggère que le débat public autour des formats de documents n’est pas prêt de se terminer », a conclu Marcich. « Ce qui est clair, c’est que l’époque où les informations publiques étaient emmurées dans un format fermé, imposant l’achat d’un logiciel particulier, est en train de toucher à sa fin, en grande partie grâce au courage et à la vision de gouvernements à la pointe dans le soutien de l’ODF, qui ont bien voulu prendre position sur ce problème important de politique publique. » À propos de l’ODF Alliance : L’OpenDocument Format Alliance est une organisation de gouvernements, d’institutions universitaires, d’ONG et d’entreprises qui a pour but d’informer les responsables politiques, les responsables informatiques et le public sur les bénéfices et les opportunités offerts par le format ODF. MS Office 2007 Service Pack 2 avec support ODF : comment est-ce que cela fonctionne ?Résumé des premiers résultats de tests sur le support ODF de Microsoft Le support de Microsoft pour le format OpenDocument (ODF) représente un test important, et sur le long terme, de son engagement à aller vers une réelle interopérabilité. Avec le SP2, Microsoft devient instantanément la suite bureautique ODF avec la plus grande part de marché. Toutefois, le fait de mettre en circulation des millions de fichiers ODF non-interopérables et incompatibles avec le support ODF que garantissent d’autres éditeurs ne peut que mener à la décomposition du standard. Dans les faits, cela mettrait fin à l’interopérabilité basée sur les standards ouverts en bureautique. Vous trouverez ci-dessous un résumé des principaux défauts du support ODF de Microsoft, identifiés après les premiers tests. Sans corrections, c’est la divergence qui prédominera, au lieu d’une convergence autour d’un format d’échange ouvert et éditable, que le marché, y compris et surtout les gouvernements, réclame. Pour être constructif, nous avons fait plusieurs recommandations pour que Microsoft puisse enfin réellement honorer son engagement de support interopérable pour l’ODF. Interopérabilité pour le tableur ODFLors de la lecture d’une feuille de calcul ODF, MS Office Excel 2007 efface les formules, ce qui casse l’interopérabilité avec tous les autres tableurs qui supportent l’ODF. Adapté pour la lecture, le support Microsoft pour le travail collaboratif sur les feuilles de calcul ODF est comme inexistant dans la pratique. Une feuille de calcul de test créée dans Google Docs, KSpread, Symphony, OpenOffice, et le plugin Sun 3.0 pour MS Office, par exemple, n’est pas correctement interprétée par MS Excel 2007. La raison en est que les formules utilisées pour faire des calculs dans un tableur (par exemple ajouter des nombres dans plusieurs cellules d’une colonne) sont tout simplement effacées dans MS Excel 2007. Au lieu d’effectuer les opérations, ce qui reste lors du chargement de la feuille de calcul dans MS Excel 2007 est la dernière valeur de la cellule de la dernière sauvegarde. La même feuille de calcul de test, ouverte puis enregistrée dans toutes les applications, à part MS Excel 2007 (par exemple entre KSpread et Google Docs), est correctement interprétée. La plupart des autres tableurs ODF sont parfaitement capables d’interopérer. La bonne approche pour Microsoft aurait été de faire de même, pour assurer aux utilisateurs de MS Office la possibilité de partager des feuilles de calcul avec d’autres suites bureautiques supportant ODF. Les plugins ODF pour Microsoft Office édités par des tierces parties se sont révélées proposer un meilleur support ODF que le récent Microsoft Office 2007 SP2. MS Excel 2007 traite bien les feuilles de calcul ODF lorsqu’elles sont chargées par l’intermédiaire du plugin Sun 3.0 pour MS Office ou du « OpenXML/ODF Translator Add-in for Office », mais ce n’est pas le cas lorsque l’on utilise le support intégré d’Office 2007 SP2. Bien que les formules de calcul pour ODF 1.0/1.1 (la version supportée par Office 2007, selon Microsoft) sont spécifiques à chaque implémentation, elles ont pourtant convergé vers des formules de calcul de plus en plus interopérables. Microsoft a participé au vote à l’OASIS à l’époque de l’approbation d’ODF 1.0/1.1. ODF 1.2, qui devrait bientôt passer au vote pour approbation comme un standard OASIS, définira les formules de calcul à l’aide d’OpenFormula. En fait, les feuilles de calcul créées dans Excel 2007 SP2 ne sont pas conformes à ODF 1.1, car Excel 2007 encode mal les formules avec des numéros de cellules. Selon la section 8.3.1 de l’ODF 1.1, les adresses de cellules dans les formules doivent commencer par un crochet ouvert et se terminent par un crochet fermé. Dans Excel 2007, les adresses de cellules ne sont pas comprises entre ces crochets obligatoires, ce qui pourrait pourtant être facilement corrigé. Pour de plus amples lectures, voir Mise à jour de l’interopérabilité des feuilles de calcul ODF, par Rob Weir/IBM, sur , et À propos du fiasco du support ODF de Microsoft, par Ditesh Gathani. CryptageMicrosoft Office 2007 ne supporte pas le cryptage (protection par un mot de passe) dans les fichiers ODF. Un utilisateur de MS Office 2007 connaissant le mot de passe ne peut pas ouvrir un document protégé par un mot de passe, créé dans n’importe quelle autre suite majeure supportant ODF. La protection par mot de passe est une fonctionnalité interopérable, supportée par et entre les autres suites majeures supportant ODF, dont KOffice, Open Office et Lotus Symphony. Dans l’autre direction, les fichiers ODF créés dans MS Office 2007 ne peuvent pas être protégés par un mot de passe. Les utilisateurs de MS Office 2007 ont un message d’avertissement, « Vous ne pouvez pas utiliser la protection par mot de passe avec le format ODF. » Le cryptage et la protection par mot de passe sont pourtant pleinement spécifiés dans ODF 1.0/1.1 (item 17.3 de la spécification). Il en résulte qu’une mauvaise définition de cette fonctionnalité dans ODF ne peut pas être invoquée comme une explication plausible. Microsoft devrait implémenter immédiatement le support du cryptage. ODF 1.2 apportera le support des signatures numériques. Microsoft devrait ajouter le support des signatures numériques dès que ODF 1.2 sera approuvé. Pour de plus amples lectures, voir Maintenant Microsoft essaie de fragmenter ODF, par Jomar Silva/ODF Alliance. Historique de modificationsMicrosoft Office 2007 ne supporte pas l’historique de modifications dans ODF. L’historique de modifications est essentiel au travail collaboratif. Le fait de ne pas supporter cette fonctionnalité empêche une vraie collaboration sur un fichier ODF entre utilisateurs de MS Office 2007 et des autres logiciels compatibles ODF qui eux supportent bien cette fonctionnalité (OpenOffice.org, StarOffice, Lotus Symphony et Google Docs, entre autres). L’historique de modifications est spécifié dans ODF 1.0/1.1, donc là encore l’absence de définition de cette fonctionnalité dans ODF ne peut pas être invoquée comme une explication plausible. Microsoft devrait implémenter le support interopérable de l’historique de modifications immédiatement. Le support d’ODF uniquement dans MS Office version 2007MS n’a pas implémenté le support natif pour ODF dans Office 2003 ou ses prédécesseurs. La grande majorité des utilisateurs de Microsoft Office, dont la plupart des gouvernements, utilisent actuellement encore Office 2003 ou ses prédécesseurs. Pour bénéficier du support natif d’ODF, les utilisateurs gouvernementaux de MS Office seront obligés de passer à MS Office 2007. Pour les utilisateurs d’Office 2003 et ses prédécesseurs, Microsoft a promis de continuer à supporter le « OpenXML/ODF Translator Add-in for Microsoft Office », et le plugin Sun 3.0 est également disponible pour les utilisateurs de MS Office. Alors que ces plugins égalent ou dépassent les performances du support de MS Office 2007 SP2, ils ne peuvent pas se substituer sur le long terme à un support complet, natif, et interopérable. L’engagement de supporter les futures versions d’ODFL’annonce de Microsoft concernant la sortie du Service Pack 2 ne contient aucune promesse de mise à jour du support d’ODF dans les prochaines versions. Microsoft traîne les pieds depuis plus de 3 ans (ODF 1.0 a été approuvé comme standard OASIS en mai 2005, et comme standard ISO en mai 2006 ; ODF 1.1 par l’OASIS en février 2007), malgré les appels répétés de gouvernements partout en Europe et ailleurs pour l’implémentation du support d’ODF. L’implémentation de versions incompatibles et de bas niveau des standards ouverts empêchera l’interopérabilité en bureautique, surtout si l’on prend en compte la base potentiellement importante d’utilisateurs d’ODF. Microsoft est bien connu pour ses implémentation de bas niveau de standards ouverts. Comme par exemple Java dans Internet Explorer, où Microsoft a pré-installé une version incompatible avec des extensions propriétaires, pour ensuite ne plus s’en occuper en ne la mettant pas à jour au fur et à mesure de l’évolution de la technologie Java. ODF 1.2, qui inclut le support des formules de calcul, des métadonnées et de la signature numérique, sera bientôt examiné pour devenir un standard OASIS, et est consultable par tous sur le site web de l’OASIS OpenDocument Technical Committee (auquel Microsoft participe). Microsoft et d’autres éditeurs supportant ODF devraient s’engager publiquement à mettre à jour leur implémentation en suivant la dernière version d’ODF. Une nouvelle version d’ODF devrait être obligatoirement supportée dans n’importe quelle version (ou Service Pack) de MS Office parue après la sortie d’une nouvelle version d’un standard ODF. Suite...• Des citoyens plus libres dans l'État de New York
Ce billet est à rapprocher de S’il te plaît… dessine-moi une ville libre qui concernait la ville de Vancouver, ainsi que du plan d’action britannique en faveur de l’Open Source. Sans oublier bien sûr l’article New York : déduction d?impôts pour les développeurs Open Source ?[1] qui témoigne du réel intérêt porté par cet état américain vis-à-vis du logiciel libre. Formats ouverts, accès aux données et logiciels maisons mis à disposition sous licence libre, cela semble n’être que du bon sens lorsqu’il s’agit de politique et de deniers publics. Cela ne va pourtant pas encore de soi, parce que nous héritons le plus souvent d’une situation antérieure baignant consciemment ou non dans une « culture propriétaire ». Ce n’est pas la France qui nous contredira, dont la nouvelle version de travail du Référentiel Général d’Interopérabilité (RGI) constitue plus qu’une déception en la matière. Le Sénat de l’État de New York en route vers l’Open SourceFree and Open-Source Software & Services New York State Senate - juin 2009 - Licence Creative Commons By-Nc-Nd Bienvenue au Sénat ouvert de New YorkAfin de poursuivre son engagement de transparence et d’ouverture, le Sénat de l’État de New York s’engage dans un programme de pointe afin non seulement de libérer les données, mais également d’aider les citoyens et de donner un exemple de restitution à la communauté. Sous ce programme et pour la toute première fois, le Sénat de New York donnera aux développeurs et aux autres utilisateurs un accès direct à ses données grâce à des API et publiera ses propres logiciels. En plaçant dans le domaine public les données et développements technologiques créés par le Sénat, le Sénat de New York espère animer, renforcer et engager les citoyens dans la création politique et le dialogue. Ce que vous trouverez ici :
Merci d’utiliser les données et outils offerts ici, de les mixer, de les améliorer, et de les re-distribuer pour aider le Sénat à former et impliquer les citoyens de New York. APILe Sénat de New York a créé une API développeur afin d’aider les organisations et les particuliers à compiler les données du Sénat tel qu’ils le souhaitent. L’objectif principal était de proposer les enregistrements du LRS (NdT : Legislative Retrieval System, base de données de suivi des décisions législatives, de la proposition jusqu’au vote) dans un format ouvert. Ces donnés peuvent alors être interrogées au travers d’une simple API afin de produire des résultats dans de nombreux formats ou standards, XML (RSS, Atom, schémas personnalisés), JSON, CSV, HTML (widgets). Widgets embarquésLes widgets sont un moyen agréable et simple de diffuser des informations importantes auprès du public. Merci de consulter notre bibliothèque de widgets et servez-vous dans les outils qui amélioreront l’expérience de vos utilisateurs et des nôtres, sur l’ensemble du Web. Si vous avez votre propre widgets utilisant notre API ou nos données, contactez-nous et nous pourrions le présenter ici. Logiciels originauxEn tant qu’utilisateur de logiciel Open Source, le Sénat de New York souhaite restituer à la communauté qui lui a tant donné, y compris ce site Web. Afin de satisfaire ses besoins, le Sénat crée en permanence du nouveau code et corrige des dysfonctionnements existants. Non seulement le Sénat reconnaît qu’il a une responsabilité de restitution à la communauté Open Source, mais les développements publics, réalisés avec de l’argent public devraient être publics. Vous pouvez trouver tout le code source du Sénat de New York publié sur Github à http://github.com/nysenatecio. Ensembles de donnéesLa page Open Data (NdT : Données ouvertes) du Sénat de New York est le dépôt officiel de toutes les données gouvernementales. Vous pourrez ici naviguer au travers des données produites et étudiées par le Sénat dans leur forme originale ainsi que d’autres types de fichiers variés créés pour votre confort, y compris : des feuilles de calcul Excel, des fichiers CSV, texte ou PDF (liste non exhaustive). Afin de compléter les données source qu’il rend publiques, le Sénat a également créé l’Initiative Langage Simple (NdT : Plain Language Initiative) conçue afin de permettre d’expliquer les jeux de données complexes et les mentions légales en langage simple. Logiciels Open Source et licences de logicielsAfin de rendre public au maximum les informations et les logiciels du Sénat, Il a été adopté un système unique de double licence : la GNU General Public License ainsi que la BSD License. Ce système a pour objectif de garantir que les licences publiques sont utilisées dans chaque cas particulier tels que :
• La Framakey : 4 ans et quelques enfants ingrats ?
Mais si dans la première partie nous baignions quelque part dans une sorte de cercle vertueux, c’est plutôt « le côté obscur de la Force » qui transparait ici[1]. Car la Framakey a également « inspiré », et nous étions au départ ravis de l’apprendre, quelques gros fabricants de clés et de périphériques de stockage :
Soyons clairs, cela est parfaitement légal : la Framakey est un package 100% libre. Nous autorisons donc explicitement son intégration, y compris pour des usages commerciaux. Nous sommes par ailleurs bien conscients que le succès de la Framakey repose à 99% sur des projets libres préexistants (Firefox, OpenOffice.org, PortableApps.com, etc). Donc, sur le papier, il n’y a aucune raison de râler. D’autant plus que, répétons-nous, cela permet de diffuser très largement des logiciels libres : lorsque Tata Jeannine ira au supermarché du coin pour acheter sa clé, elle repartira avec une clé USB contenant des dizaines de logiciels libres. N’est-ce pas merveilleux ? Oui, mais… Le développement durable et l’écologie sont certes à la mode, et sans doute surexploités par les média et bon nombre d’entreprises (les publicités des groupes Renault ou Total sont d’excellents exemples de « greenwashing »), mais cela ne doit pas pour autant remettre en cause les concepts et principes qui sous-tendent ces mouvements. De même, dans le milieu du libre, on sent depuis quelques mois une forme de plus en plus exacerbée « d’open source whashing ». De gros industriels récupèrent les valeurs (et les produits) du libre, sachant qu’ils bénéficieront du triple effet kiss-cool du logiciel libre :
Du coup, ces entreprises peuvent ajouter de la valeur à leurs produits à moindre frais, enrichir leur catalogue, et accroitre leur chiffre d’affaires d’un coup de baguette magique libre. Tout cela serait bel et bon si ces mêmes entreprises prenaient la peine de reverser aux communautés à l’origine de la valeur ajoutée de leurs produits. Et attention, je pense bien sûr ici à la Framakey (dont nous sommes humblement conscient que le succès repose sur les épaules d’autres géants), mais aussi et surtout à toutes les communautés qui soutiennent et développent les logiciels embarqués sur leurs clés. Ainsi, par exemple et pour ce qui nous concerne, l’Université de Poitiers qui s’est fendue d’un mail de remerciements à Framakey (et cela nous suffit amplement), ou la commune de Sainte-Ménehould qui a octroyée une subvention exceptionnelle de 150? à Framasoft (ce qui nous a chaleureusement touché). Contre-exemple : le site officiel EM-DESK d’EMTEC propose des logiciels qui datent de janvier 2008 (bonjour les failles de sécurité pour qui irait télécharger leur pack !). Nous avons tenté plusieurs fois de prendre contact avec eux afin de leur proposer de les aider (bénévolement si nécessaire !) à maintenir leur pack plutôt que donner aux utilisateurs une mauvaise image des logiciels libres. Mais que cela soit par le forum (fermé pour cause de spams apparemment), par email (nous n’avons jamais eu de réponse), ou sur des salons (la charmante demoiselle du stand EMTEC lors de Solution Linux n’a pas su me dire quelle solution était employée sur leurs clés, ni qui en était responsable), nos propositions sont restées lettres mortes. De là à dire qu’EMTEC se sert du libre pour promouvoir ses produits et accroitre les dividendes de ses actionnaires plutôt que de l’envisager comme un système gagnant-gagnant, il n’y a qu’un pas, que je franchis aujourd’hui bien tristement. Espérons qu’il en ira autrement pour d’autres projets comme le GDium et sa Gkey…. Pour en finir avec la métaphore écologique, cette situation n’est pas sans rappeler celles des entreprises pharmaceutiques qui surexploitent certaines ressources potentiellement renouvelables (comme la forêt amazonienne, par exemple) sans se soucier réellement d’entretenir l’écosystème sur lequel elles basent pourtant leur modèle économique. Ainsi, même si Framasoft a actuellement besoin de soutien financier, nous aurions été ravis de recevoir un message du genre « Bonjour, je suis chargé par la société X de réaliser un fork de la Framakey. Dans ce cadre, je vais utiliser vos applications PortableTutu et PortableTiti. Comme on m’a demandé de réaliser PortableToto, qui n’existe pas sur Framakey, je vous le propose ici avec ses sources, afin que tout le monde puisse en profiter ». La société X n’y perdrait rien, au contraire, elle bénéficierait d’un « effet communautaire » qui lui éviterait de forts coûts de recherche et développement. Et elle aurait le mérite de prouver qu’elle comprend son intérêt à ne pas scier la branche sur laquelle elle est assise. Qu’en pensez-vous ? Sommes-nous ici « mauvais joueurs » ou bien avons-nous quelques raisons de stigmatiser cela en évoquant ce néologisme « d’open source whashing » ? Notes[1] Crédit photo : Arturo de Albornoz (Creative Commons By-Sa) • La Framakey : 4 ans et plein d'enfants reconnaissants !
Depuis cette date originelle, elle poursuit tranquillement son petit bonhomme de chemin, toujours 100% libre, toujours animée par une communauté de passionnés. Nous le savons, l’un des avantages du logiciel libre, c’est qu’il permet à tout le monde, sans discrimination, de pouvoir améliorer le logiciel pour ses propres besoins (personnels ou professionnels). Et c’était bien là l’une des principales motivations de ce projet, proposer, si vous me passez l’expression, une « arme de diffusion massive du logiciel libre ». Ainsi durant ces quatre années[1], la Framakey a donné naissance à pas mal de « forks », c’est-à-dire des versions adaptées par des particuliers, institutionnels ou entreprises. Je me propose de vous en présenter quelques uns, qui me paraissent assez représentatifs de la diversité d’un projet générique dont la licence libre autorise et même encourage l’appropriation (dans le sens « rendre propre à », et non dans le sens de « s’approprier »). Commençons par les projets liés à l’éducation :
Il existe aussi des dérivés associatifs ou communautaires :
Tout ceci fait plaisir à voir et à lire, et nous conforte dans l’idée que ça valait le coup de développer ce projet. Cette liste étant non exhaustive, auriez-vous de nouveaux éléments à y apporter ? Avez-vous connaissance d’autres dérivés de la Framakey et de son utilisation en classe, entreprise ou administration ? Telles les deux faces d’une même médaille, l’article se poursuit dans une seconde partie, La Framakey : 4 ans et quelques enfants ingrats ?, où l’on tentera d’illustrer le fait que le libre peut aussi malheureusement parfois faire l’objet d’une certaine récupération… Notes[1] Crédit photo : Trazomfreak (Creative Commons By) • Google Wave : une bonne nouvelle pour le logiciel libre ?
Le dévoilement de Wave a d’abord valu à Google une standing ovation au sortir de la conférence inaugurale. Puis, dans la foulée, des articles souvent dithyrambiques sont apparus sur la Toile. C’est donc clairement la sensation du moment, avant même que le moindre utilisateur ait pu tester quoi que ce soit. Une nouvelle vague (wave en anglais) va-t-elle déferler sur le Web ? Si vous voulez en savoir plus quant à son approche originale et à ses fonctionnalités, je vous invite à lire theClimber, TechCrunch ou Transnets. Outre tout ce qu’il nous propose de faire, retenons qu’on a besoin du HTML 5 et surtout que le protocole sera Open Source, basé sur XMPP (Jabber), avec un serveur qui sera libre et qu’on pourra installer chez soi (cf Minitel 2.0). Cet aspect libre (ou prétendu tel) est très important et n’a pas forcément été mis en avant par la blogosphère (sauf l’inévitable journal LinuxFr). Pour marquer le coup et nous interroger ensemble sur l’impact potentiel d’une telle nouveauté sur le logiciel libre, nous avons choisi de traduire un article enthousiaste (peut-être trop ?) issu de la revue Free Software Magazine. Cet article envisage Google Wave sous l’angle de ce qu’il pourrait apporter à une communauté agrégée autour d’un logiciel libre. Jusqu’à se demander si Wave ne va pas se substituer aux bons vieux outils que sont les logiciels de gestion de versions (CVS, etc.), les wikis, et autres listes de discussion. Ce qui, au sein des développeurs, serait effectivement une petite révolution dans la manière de travailler et de communiquer. Mais il n’entre pas dans le détail des licences, dans l’évalutation du degré réel ou supposé de l’ouverture annoncée par Google (à sa décharge, on ne dispose à l’heure actuelle que le peu d’informations qu’a bien voulu nous donner la société). Et surtout il oublie d’évoquer une, pour ne pas dire la, question majeure que l’on résume souvent dans la formule « Google everywhere ». Ok pour la possibilité d’avoir son petit serveur à domicile mais dans la pratique la grande majorité se connectera à n’en pas douter chez Google. Du Google partout, tout le temps, qui va finir par devenir problématique (si ça ne l’est pas déjà !). On peut, par exemple, compter sur Google pour nous proposer son navigateur Chrome configuré aux petits oignons pour Google Wave, si vous voyez ce que je veux dire. Aussi puissant, séduisant et ouvert (protocole, API…) soit Google Wave, le logiciel libre a-t-il intérêt à surfer tête baissée sur cette vague[1], ou bien laisser couler et continuer tranquillement dans son coin à ériger sa petite berge qui deviendra un jour si haute que pas même un tsunami ne pourra l’emporter ? Google Wave va-t-il révolutionner la collaboration dans le logiciel libre ?Will Google Wave revolutionise free software collaboration? Ryan Cartwright - 15 juin 2009 - Free Software Magazine Si vous n’en avez pas encore entendu parler, Google a publié une version de développement de Wave, son nouvel outil de réseau social et collaboratif. Quel impact cela peut-il avoir sur les utilisateurs et les développeurs de logiciel libre ? Wave est ce que Google appelle un « nouvel outil de communication et de collaboration sur le Web ». Voyez-le comme un carrefour entre le courriel, le réseau social, la messagerie instantanée, l’IRC et Twitter. Wave apporte (ou plus exactement apportera) non seulement de nouveaux moyens de communication, mais offre également un retour instantané aux autres participants. En utilisant la base d’une vague comme une conversation, il permet aux destinataires de vos conversations de voir ce que vous écrivez en temps réel, au moment où vous l’écrivez. Plus besoin d’attendre que votre contact de messagerie instantanée termine son message. Wave offre également aux participants, dans le même outil, des messages de type panneau d’affichage, afin de savoir à quel moment ils se reconnectent. Il propose des fonctionnalités sympathiques qui permettent contextuellement de répondre à différentes parties d’un message. De nouveaux participants peuvent entrer à n’importe quel moment, tout en bénéficiant à la fois de l’historique complet de la vague, mais aussi en ayant la possibilité de « rejouer la vague » telle qu’elle s’est formée, en voyant qui a écrit quoi et dans l’ordre chronologique. Ouais, ouais, encore un outil de réseautage social… allez, circulez !Aussi intéressant, ou pas, que cela puisse paraître, quel impact cela aura-t-il pour nous, utilisateurs de logiciels libres et plus particulièrement développeurs ? Et bien, tout d’abord, Wave est développé grâce à un nouveau protocole ouvert et Google souhaite que nous l’aidions à le développer. Ce protocole est disponible sous les termes ouverts d’une licence que Google considère « libérale » (Un oxymore peut-être ?). En plaçant un protocole ouvert derrière cette technologie, Google nous invite activement à contribuer, distribuer et propager cette technologie. Cela signifie que nous, utilisateurs de logiciels libres, pouvons créer des outils libres qui utilisent le protocole Wave. Un protocole ouvert est assurément une bonne chose dans ce contexte : Pas d’accord de confidentialité, pas de royalties liées à des licences telles que pour les formats GIF ou MP3. Google nous demande également que nous aidions à donner forme au protocole. Les contributions sont réalisées sous un contrat de licence contributeur, qui insiste sur le fait que vous donnez à Google, le droit de « reproduire, construire des travaux dérivés, publier, exécuter en public, sous-licencier et distribuer vos contributions et les travaux dérivés associés ». Google semble être parti sur la bonne voie. Le temps nous en dira bien sûr plus, mais nous ne devrions pas être trop sceptique, c’est une opportunité réelle. Là où Android est un système ouvert sur un matériel fermé, en devenant ainsi de fait semi-fermé, nous avons une chance de développer Wave avec une foule d’outils libres et ouverts basés sur l’API et le protocole de Wave. Google a livré quelques informations sur le fait de conserver le code source ouvert. Mais jusqu’à présent, ils n’ont publié aucun code source (à l’exception peut-être pour la version développeur, dont je ne fais pas partie), Cependant, même s’ils conservent les sources de l’API fermées, disposer d’un protocole ouvert (et d’une licence libérale) signifie que nous pouvons créer des outils qui utiliseront ce protocole et que ceux qui utiliseront les outils de Google pourront collaborer avec ces outils libres, du moins en théorie. Mais qu’est-ce que cela peut nous apporter ?Pensez à la manière de développer du logiciel libre. Peut-être plus que n’importe quel autre type de produits, le logiciel libre a besoin d’un effort collaboratif intense de la part de ses créateurs. Grâce à SVN, Sourceforge et consorts, nous avons des moyens de partager du code source et nous possédons des outils de communication durant le cycle de développement : wiki, panneaux d’affichage, liste de dicusssions, etc. Imaginez que vous disposez d’une « vague » pour les développeurs d’un projet logiciel. Chaque contributeur, en temps réel s’il le souhaite, dispose d’une conversation sans peur de perdre le fil dans de multiples embranchements. Les nouveaux membres peuvent rejouer la discussion pour comprendre l’état présent. Des fragments de code pourraient être placés à l’intérieur de la conversation et édités en temps réel par les autres membres. Et tout cela se déroule dans un des outils les plus communs, le navigateur. Les rassemblements de développeurs pourraient inclure ceux qui ne peuvent participer physiquement grâce à l’utilisation d’une vague. Les meilleurs esprits ne seront plus exclus parce qu’ils n’ont pu réserver une place dans l’avion[2]. Si cela semble excitant, c’est parce que je m’exalte. Google Wave a le potentiel pour aller bien au-delà du simple buzz pour foules numériques. Wave a la possibilité de réellement faire du bruit et de représenter un grand pas dans la manière dont nous développons du logiciel libre. Évidemment, il m’est venu à l’esprit que les développeurs de logiciels propriétaires pourraient utiliser le même système pour produire leurs logiciels, mais soyons honnêtes : qui de deux est le plus habitué à la collaboration (en réalité, en dépend même) ? J’ai entendu certaines personnes dire que Google Wave pourrait dépasser Twitter et Facebook d’ici 2011. Je n’en sais rien, et même peu m’importe, mais je crois que Wave peut avoir un impact aussi fort sur le développement de logiciel libre que CVS ou les wikis. Notes[1] Crédit photo : Rappensuncle (Creative Commons By-Sa) [2] Non pas que j’ai entendu que cela arrive, je conjecture juste. • Noir Désir et l'Hadopi : Soyons désinvoltes, n'ayons l'air de rien ? J’écoutais tout à l’heure la dernière chanson d’un groupe qui a bercé ma jeunesse : Noir Désir. Elle a été mise en ligne gratuitement en novembre 2008 sur le site officiel du groupe avec cette présentation : « La chanson Gagnants/Perdants a été enregistrée par Noir Désir, en réaction au contexte actuel, politique et humain dans toute l’acception du terme. Impossible d’attendre pour la mettre à disposition. » Nous étions alors en pleine crise économique. Nous y sommes toujours du reste. Comment vous dire… j’aime beaucoup ce morceau. La mélodie me berce et les paroles me touchent (voir ci-dessous). Et pour tenter de raccrocher ce billet à l’ensemble du blog, on pourrait extrapoler et y voir également une sombre description du climat ambiant contre lequel se bat le logiciel libre et sa culture. Mais… car il y a un mais. Si j’avais écouté cela à 20 ans, j’y aurais certainement pleinement adhéré, en ressentant à l’écoute des accents de sincérité, vérité et… liberté. Il se trouve que j’en ai 20 de plus. Mais il se trouve aussi et surtout que, depuis, le numérique et l’Hadopi sont passés par là. Et pour de très nombreux artistes c’est un peu comme si ils avaient soudainement perdu leur virginité. Noir Désir est sous contrat avec Universal via son label Barclay. Noir Désir « appartient » donc quelque part à une major du disque (même si certains se souviennent peut-être de la spectaculaire intervention de Bertrand Cantat aux Victoires de la Musique 2001). Est-ce à dire qu’ils ont vendu leur âme au diable ? Certes non. Mais ces classiques discours de contestation, portés depuis des décennies par un certaine musique, ont désormais peut-être plus de mal à passer… Gagnants / Perdants (Bonne nuit les petits)Noir Désir - novembre 2008 Suite... • Framasoft et moi, il y a 7 ans de cela Flashback. Un visiteur m’a tout récemment rappelé l’existence d’un vieil entretien totalement oublié que j’avais donné au site MoteurZine en mars… 2002 ! Et il a accompagné le lien d’un énigmatique petit smiley malicieux. Je suis allé voir, j’ai lu, j’ai pris un coup de vieux, et j’ai compris le pourquoi du smiley ;-) À l’époque Framasoft venait à peine de naître, j’étais tout seul dessus et j’éditais à la main l’ensemble des pages statiques du site sous, aïe pas taper, Dreamweaver ! J’étais également rédacteur au Café pédagogique, c’est vous dire… Il y a certains passages et références « un peu » datés, où je pense me faire gentiment chambrer dans les commentaires. Mais il y en a d’autres que j’assume encore fièrement plus de sept ans après. Dans la mesure où fort heureusement je ne suis désormais plus seul du tout, je me suis dit que ça pouvait peut-être intéresser quelques uns de ceux qui depuis ont participé de près ou de loin à l’aventure Framasoft.
Interview d’aKa en mars 2002 pour MoteurZineMoteurzine : Bonjour. Est-ce que vous pouvez, avant tout, vous présenter à nos lecteurs ? aKa : Alexis Kauffmann, 33 ans, professeur de mathématiques à Bobigny, animateur TICE (Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Enseignement) dans le 93, et rédacteur au Café Pédagogique. Pour ce qui est d’Internet, j’ai vu de la lumière un soir de novembre 1996, j’y suis entré et pour ainsi dire toujours pas ressorti. Comment est né le site Framasoft.net ? Le site dérive d’un autre site Framanet.net (pour FRAnçais et MAthématiques en intraNET) dont la webmistress Caroline d’Atabekian, enseignante en lettres, était et reste une partenaire professionnelle. L’idée principale était d’expérimenter des séquences pédagogiques en pages web via le réseau local de notre établissement scolaire tout en présentant ce travail à nos pairs via Internet. Et comme on ne roule toujours pas sur l’or à l’Éducation Nationale, nous étions bien contents de trouver toutes sortes de petits outils gratuits pour l’élaboration de ses séquences et/ou la maintenance du site. Las de devoir les rechercher à chaque nouvelle installation, on a décidé de les regrouper et d’en faire une branche à part entière de Framanet. Et puis la branche a fleuri et a décidé, en novembre 2001, de voler de ses propres ailes (sic !) pour adopter le nom de domaine Framasoft.net. Il n’y avait donc rien de « prémédité » même s’il est indéniable que depuis je me suis pris au jeu. Pourquoi avoir choisi le domaine Framasoft.net et non pas le domaine en .com ou en .org ? J’imagine qu’à l’époque je devais penser que le .net tournait autour d’Internet, le .com lorgnait vers le commercial et le .org avait une dimension collective. Et comme je n’étais pas nombreux au début… Combien de personnes sont impliquées dans ce site ? C’est un peu une question piège car justement je ne suis toujours pas très nombreux ! S’il fallait comparer le site à une organisation politique, il y aurait les membres du bureau exécutif élus par cooptation (à savoir… Moi !), les militants (principalement des collègues de Seine-Saint-Denis qui rédigent des notices ou me pondent des articles de temps à autres) et enfin la joyeuse cohorte des sympathisants (tous les internautes qui m’envoient infos, remarques et critiques). Et pourtant je m’obstine, au risque de leurrer les visiteurs, à présenter Framasoft comme « la participation d’une équipe d’enseignants à un Internet associatif » et à m’exprimer à la première personne du pluriel. Il y a là comme un souhait en fait (j’en profite donc pour lancer un appel). Et peut-être aussi que cela me rassure psychologiquement car il n’est humainement pas possible d’avoir fait ça tout seul sur ses heures perdues en si peu de temps ! Qu’est ce qui vous a amené à vous intéresser au monde du logiciel libre et plus particulièrement, le monde du logiciel libre sous Windows (d’ailleurs, n’est-ce pas complètement contradictoire !?) et à l’exprimer sur un site ? Il y a des jours où l’errance nocturne sur le réseau a du bon. « En utilisant les logiciels libres, non seulement on effectue des économies spectaculaires pour le matériel, non seulement on se libère des logiques que tentent d’imposer les grandes multinationales de l’informatique, mais, en plus, on se met en relation avec l’un des foyers les plus vivants de la société qui est en train de se créer, celle de l’intelligence distribuée », ai-je eu juste le temps de lire un soir de fin de millénaire avant de piquer du nez. Non le logiciel libre ne se résumait pas à Linux dont ce dernier n’en devenait qu’un exemple (mais quel exemple !). Non le logiciel libre et le logiciel gratuit ne naviguaient pas dans les mêmes sphères, l’un me parlant d’argent et l’autre de liberté. Oui le modèle était pertinent pour l’éducation. Oui il y avait également là un extraordinaire potentiel « d’extension du domaine du libre ». Pour ce qui est de l’apparent paradoxe, je vous présente l’éditeur vidéo Virtual Dub (une application libre tournant sur le système d’exploitation propriétaire Windows) et l’outil de correction de textes français Correcteur 101 (une application propriétaire tournant sur le système d’exploitation libre Linux). Le « tout libre » est sûrement une belle idée mais il ne résiste pas à la réalité actuelle du grand public qui, et je suis le premier à le regretter, n’est visiblement pas encore prêt à lâcher son Windows. Mais en attendant, et cela minimisera du même coup le phénomène du piratage, faisons tourner ce système d’exploitation avec un maximum de logiciels libres ! Votre site est composé de trois grandes parties : l’annuaire de logiciels libres et gratuits, l’annuaire de logiciels libres, l’annuaire de liens autour du libre. Vous pouvez nous en dire plus dessus ? Des pont naturelles peuvent les relier mais dans mon esprit ces trois parties sont bien distinctes et indépendantes. Ceci dit, à bien y réfléchir, il pourrait également y avoir là comme une « invitation au voyage » :
Votre annuaire référence de nombreux logiciels « libres ». Mais, qu’est ce qui vous différencie par rapport à un site comme Telecharger.com ? Télécharger.com est un excellent site qui possède une base de plus de 10.000 logiciels pour une audience mensuelle de 2.000.000 visites qui parcourent à peu près 20 millions de pages (source Cybermétrie, décembre 2000). C’est une sacrée différence qui pourrait déjà clore le débat ! Sinon je dirai que nous sommes plus Windows et moins boîte de Pandore, plus incisifs et moins consensuels, plus libres et moins propriétaires, plus indépendants et moins regardants sur nos stock-options, plus sobres et moins lourds à charger, ou encore plus éducation et moins publicité. En fait je pense qu’il y a un espace pour ces deux types de sites qui ne se présentent visiblement pas dans la même catégorie. Mais j’allais oublier une ultime et définitive différence : chez nous les âpres négociations de rachat par Vivendi Universal ont échoué ! Qu’est ce qui a été le plus difficile dans la mise en place de cet annuaire ? La découverte de la non extensibilité du temps… Aujourdhui, combien passez-vous de temps quotidiennement, hebdomadairement à entretenir et développer votre annuaire ? Cette découverte m’a donc contraint à faire certains sacrifices. Mais demandez à ma femme, elle sera certainement plus objective que moi ! (mais demandez-lui gentiment car c’est un sujet sensible entre nous…) Quelle est l’architecture logiciel et matériel derrière le site Framasoft ? Encerclé par les sites dynamiques à la sauce ASP ou mieux PHP, le dinosaure Framasoft résiste encore et toujours à l’envahisseur en ne proposant que du HTML pur. Il a été développé sous un très célèbre et… propriétaire éditeur WYSIWYG (Dreamweaver pour ne pas le nommer, donnez-moi l’équivalent sous Linux et je change illico de plate-forme !). Et il a opté pour un hébergement payant (Amen.fr) afin d’offrir un temps de chargement réduit à ses visiteurs. Votre site ne comporte ni bandeaux, ni zone payante. Il est donc totalement libre et gratuit comme les logiciels que vous présentez. Est-ce une solution viable à moyen / long terme ? Ces absences de bandeaux et de zones sont revendiquées. Et comme il m’est difficile de ne pas glisser une citation dans le moindre de mes écrits, j’ajouterai que « c’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup ». Ceci dit il faut pouvoir assumer ce choix. Et même si je reconnais bien volontiers que parfois de petites idées mercantilistes me trottent furtivement dans la tête (après tout il y a un service rendu), je me reprends vite en pensant à la dynamique du monde du libre et en étant content d’y apporter mon humble et modeste contribution (justement parce qu’il y a un service rendu !). Pour ce qui est de la viabilité la réponse est simple puisque je ne suis lié par aucun contrat. Il est bien évident que le jour où, après une illumination mystique, je m’en irai passer un an dans un ashram en Inde, Framasoft s’en trouvera quelque peu déstabilisé. Combien d’internautes vous visitent quotidiennement ? Cela fait combien de pages vues ? Environ 2.000 visiteurs pour 10.000 pages lues… oups, vues. (source Xiti) Qui vous amène le plus de visiteurs ? Pourquoi ? Je constate depuis quelques temps une certaine stabilité : 40% d’accès direct, 40% via les moteurs de recherche et 20% de liens sur site. Je n’ai pas trop de commentaires à faire si ce n’est qu’il semblerait qu’il y ait là une certaine fidélisation corroborée par le fait que le mot-clé en tête de tous les moteurs est… Framasoft. Sinon sur la moyenne des 400 visiteurs qui nous viennent d’autres sites, cela se divise pour moitié de sites éducatifs et pour l’autre de sites généralistes (tels les surprenants et dynamiques annuaires du gratuit du Net). Quelle a été votre méthode pour développer votre visibilité dans les outils de recherche ? sur Internet ? Il n’y a pas vraiment eu de méthodes. Des annonces dans des listes de profs où j’étais abonné, quelques messages personnels cullotés à des webmestres dont j’appréciais le site, plus le bouche à oreille, et un jour vous vous apercevez que quelques sites pointent vers le votre. Du coup vous possédez le précieux sésame, vous avez un « indice de popularité ». La terre promise n’est plus loin, elle approche, elle arrive : vous êtes référencé sur… Google ! Après vous pouvez aller vous coucher, ça tournera tout seul ! Quels sont vos projets à moyen / long terme pour Framasoft ? Ma préoccupation du moment, c’est de trouver un hébergeur « compréhensif » car l’accroissement du nombre de visiteurs est apparemment proportionnelle au prix du forfait et cela devient alors problématique de faire dans le bénévolat tout en perdant de l’argent. Sinon il n’y a pas vraiment de projets mais peut-être un souhait : obtenir une petite reconnaissance de la part de la communauté du libre francophone. Pour terminer, pouvez-vous nous dire quel est votre site Internet préféré et pourquoi ? Tiens, c’est curieux je ne m’étais encore jamais posé la question ! La raison vous dirait à n’en pas douter Google car sa disparition m’obligerait à reprendre des cours de recherche sur le Net ! Et la passion pencherait sûrement vers les sites que j’ai dédié à mes deux filles. Mais là point d’url c’est mon jardin secret… Alexis, merci d’avoir pris de votre temps de répondre à ces questions. Suite...• Je suis libre, tu es livre, elle est libre Prof de maths, je suis un (petit) fonctionnaire de l’état français. Chaque année à la rentrée scolaire, je reçois ma « roadmap » (comprendre mon emploi du temps) qui, au jour et à l’heure près, sera toujours la même, semaine après semaine, jusqu’aux prochaines vacances d’été. Ces fameuses vacances que d’aucuns nous envient et que nous sommes des millions à prendre au même moment. La vie de ma s?ur est à bien des égards plus libre que la mienne. On peut s’en rendre compte en parcourant son premier roman, Nos mots croisés, qui, pour ne pas être directement autobiographique, nous révèle beaucoup de son histoire et de sa personnalité. Ce roman n’est pas sous licence libre, contrairement à tous les livres de la collection Framabook que j’anime. Que peut-on en conclure ? Rien, si ce n’est que la liberté est toute relative. Dois-je le préciser ? Ce court préambule n’avait pour objet que de tenter maladroitement de justifier la présence de ce petit clip (auto)promotionnel ci-dessous, au demeurant fort sympathique. J’ai bien essayé de refuser en arguant que ça allait râler parmi les fidèles, et que de toutes les façons le Framablog ne correspondait pas au « c?ur de cible » du roman. Elle m’a répondu que c’était du n’importe quoi, qu’elle le visitait bien elle mon foutu blog (contrairement à moi qui ne visite pas le sien), que je ne voulais pas la soutenir et que puisque c’était comme ça elle allait retenir sa respiration jusqu’à ce je place sa vidéo en ligne. (Soupir) J’espère que vous ne me tiendrez pas rigueur d’avoir cédé, tiraillé que j’étais entre la cohérence éditoriale du Framablog et le souci de conserver un semblant de quiétude familiale. PS : Ceci étant dit, je l’ai lu son bouquin et j’ai été sincèrement épaté par la qualité de la plume et la finesse du style. Je vous le recommande, en toute… subjectivité bien sûr ! Suite...• Le logiciel libre européen est-il politiquement de gauche ?
Mais c’est moins la quantité que la qualité des ces élus qui a retenu mon attention. On dit souvent que le logiciel libre n’appartient à aucun parti ou courant politique. On dit également que le vieux clivage gauche-droite n’est plus forcément pertinent à l’aube de ce nouveau millénaire. On dit enfin que le mouvement écologiste ne doit pas (ou plus) être classé à gauche. Il n’empêche que si vous regardez dans le détail la liste de ces 34 députes, vous serez peut-être comme moi frappé par la parenté commune de ces élus[1]. Le voici reproduit ci-dessous, accompagnés par des liens Wikipédia donnant de plus amples informations sur les partis auxquels ils appartiennent (j’y ai appris plein de choses personnellement) :
Au final, et à une exception britannique près, il n’y en a que pour « la gauche », prise au sens large (du centre-gauche, aux socialistes, en passant par les verts). De là à en conclure qu’il n’y a que la gauche qui manifeste un intérêt assumé pour le logiciel libre en Europe, il n’y a qu’un pas que j’hésiterais cependant à franchir. Et vous ? Suite...• Microsoft va finir par vous payer pour utiliser son navigateur ! Quelque chose me dit que c’est la pure panique en ce moment au QG de Microsoft, section navigateur Internet, division marketing. En effet, la nouvelle version 8 d’Internet Explorer n’a pas réussi à inverser la tendance, qui voit le navigateur de Microsoft perdre inexorablement des parts de marché. Un marché actuellement en ébullition où l’on ne se demande pas si Firefox dépassera Internet Explorer mais quand il le dépassera (sans parler de la cerise sur le gâteau que constitue l’apparition de Google Chrome). Comment faire alors pour bien se positionner par exemple dans les nuages et imposer ses solutions Windows Live, si on ne possède pas (ou plus) le navigateur ? Par la seule qualité de nos produits propriétaires ? C’est impensable ! Alors on brainstormise dans tous les sens du côté de Redmond et, il faut bien le dire, on tente un peu le tout pour le tout. Hier c’était « télécharge-moi, petit américain et tu nourriras huit personnes dans le besoin » (cf ce billet dédié). Aujourd’hui c’est « utilise-moi, petit australien, sinon tu n’as aucune chance de trouver les dix mille dollars qui se cachent quelque part sur le Grand Internet ». Car la nouvelle campagne, prénommé Ten Grand is Buried Here, est donc une chasse au trésor numérique. Mais pas n’importe laquelle. Elle est très sélect celle-là, discriminatoire même, puisque uniquement réservée à ceux qui naviguent sous Internet Explorer version 8. Et que se passe-t-il si vous avez le malheur d’arriver sur le site du jeu avec autre chose qu’Internet Explorer 8 ? Le moins que l’on puisse dire c’est que vous êtes plutôt vertement accueilli ! Notez que la fraicheur de l’accueil dépend de votre navigateur. Un script est ainsi chargé de le reconnaitre et de vous proposer alors une page d’accueil personnalisée en fonction du navigateur détecté. S’il s’agit d’Internet Explorer version 6 ou version 7, on se montrera plutôt conciliant. Mais il en ira différemment avec Google Chrome (qualifié de « terne »), Apple Safari (« ennuyeux ») et, bien entendu, Mozilla Firefox (« old »), comme vous pouvez le constater avec cette copie d’écran ci-dessous :
En voici la traduction :
Traduction effectuée par Don Rico (que l’on ne reverra pas de sitôt puisqu’il s’est mis en tête de décrocher le gros lot pour soutenir Framasoft). Vous me direz qu’on peut prendre cela au second degré et qu’à agir de la sorte Microsoft annonce clairement la couleur, mais tout de même ! Microsoft espère-t-il ainsi faire découvrir Internet Explorer version 8 à de nouveaux utilisateurs qui, séduits, le conserveront comme navigateur par défaut même après le jeu ? J’en doute, mais pourquoi pas après tout. Et si ça ne marche toujours pas, pourquoi ne pas envisager l’étape ultime de cette drôle d’escalade : payer directement l’utilisateur pour qu’il adopte durablement IE 8 ?! D’où le titre provocateur de ce billet. En fait, comme pour l’opération contre la faim, Microsoft ne peut s’empêcher de placer au c?ur de sa communication l’un des éléments qu’elle maitrise le mieux : l’argent. Je ne voudrais pas verser dans l’angélisme mais quand Mozilla se met en branle, ça insiste plutôt sur l’échange, la rencontre, la formation et l’implication collective. Comme dirait Monsieur Bordeau Chesnel : nous n’avons définitivement pas les mêmes valeurs… Suite...• Le Mozilla Service Week nous attend en septembre
L’initiative Mozilla Service Week (que nous avons traduit par « Semaine d’Entraide Mozilla »), qui aura lieu en septembre prochain, s’inscrit dans la droite ligne de cette démarche. Certains s’étonneront peut-être de voir Mozilla aller au delà du logiciel et faire, pour ainsi dire, « dans le social ». Je pense au contraire que c’est non seulement louable mais nécessaire. Ici on utilise sa notoriété, son influence, son impact et son marketing au service d’une action qui demande une implication forte de la part des participants[1]. Lorsque vous vous rendez sur le site de la campagne, deux choix s’offrent à vous : Je souhaite aider et J’ai besoin d’aide. À comparer avec la récente opération Microsoft : Combattre la faim en téléchargeant Internet Explorer 8. Faites la différence : La semaine d’entraide Mozilla !Be the Difference: Mozilla Service Week! Mary Colvig - 15 juin 2009 - The Mozilla Blog Mozilla lance aujourd’hui la toute première Semaine d’Entraide Mozilla. Dans la semaine du 14 au 21 septembre 2009, nous demandons au gens de se rapprocher et de faire la différence en utilisant le Web pour améliorer leur communauté. Mozilla est une communauté qui a une mission de rendre le Web meilleur pour tout le monde. Lorsque des membres de notre communauté décident de lancer une action, ils ont la capacité de faire une sérieuse différence. Nous recherchons des gens qui souhaitent partager, donner, s’engager, créer et collaborer en donnant leur temps et leur talent à des organisations caritatives publiques locales, à des ONG ou à ceux qui ont besoin de leur aide. Notre objectif est de soutenir des initiatives comme :
Chacun devrait avoir la possibilité d’apprendre comment utiliser Internet, d’y avoir un accès facile, et d’avoir une bonne expérience lorsqu’il est connecté. Aussi, si vous avec du talent pour l’écriture, la conception, la programmation ou le développement, ou tout savoir faire technique associé, rejoignez La Semaine d’Entraide Mozilla ! Mais Mark Surman (Directeur exécutif de la Fondation Mozilla) affirme également : « Nous invitons les gens à s’impliquer de manière active avec Mozilla, même s’ils ne savent pas coder, tester ou localiser. Cela permet à tout un chacun d’avoir l’impression de contribuer à construire un Internet meilleur. » Ensemble nous pouvons faire du Web un endroit meilleur pour tout le monde ! Durant les semaines à venir, la Semaine d’Entraide Mozilla sera disponible dans de nombreuses langues et avec des partenaires supplémentaires, grâce à l’aide de la communauté Mozilla. Pour en savoir plus sur comment faire la différence en vous portant volontaire ou en écoutant les besoins de votre organisation, rendez-vous sur mozillaservice.org. Vos compétences Internet, peu importe que vous soyez novice ou utilisateur avancé, peuvent changer la vie des gens et rendre le Web meilleur pour chacun. Suivez-nous sur Twitter pour infos et mise à jour. Notes[1] Crédit photo : Woodley Wonderworks (Creative Commons By) • Un vidéo-clip réalisé avec 4 816 photos sous licence Creative Commons By-Sa « You Came Out » est le dernier single du groupe electro We Have Band. Le joli clip de cette chanson a été réalisé en stop motion, succession d’images fixes légèrement déplacées les unes des autres pour donner l’impression d’un mouvement saccadé caractéristique. Pour que le procédé fonctionne bien, il convient de proposer beaucoup de photographies par unité de temps. Ici on a donc un clip de trois minutes pour exactement… 4 816 photographies. Elles ont toutes été regroupées sur un compte Flickr dédié et ont été placée, riche idée, sous licence Creative Commons By-Sa. Ce qui donne d’un coup près de cinq milles photos qui viennent enrichir la culture libre ;-) La vidéo au format OGG à télécharger (67 Mo) Cette vidéo a été réalisée par David Wilson, en collaboration avec Fabian Berglund et Ida Gronblom (de l’agence Wieden + Kennedy), et produite par Blinkink. Un intéressant making-of du clip est également disponible. Suite...• Quand Daniel Cohn-Bendit souhaite libérer la politique !
On remarquera qu’il ne prend pas vraiment la peine, par la suite, dans le corps de l’article, d’expliquer clairement le pourquoi du comment d’un tel choix de titre, avec son « étrange » référence à l’opposition propriétaire vs logiciel libre. On a bien la citation suivante :
Et puis surtout celle-là :
Mais c’est à peu près tout, explicitement parlant. Du coup c’est à comprendre entre les lignes, et nul doute que cela intriguera plus d’un lecteur… Le logiciel libre et sa culture sont définitivement sortis du maquis[1]. Notes[1] Crédit photo : Nicolas Patte (Creative Commons By-Nc-Nd) • Mon compte Facebook sait-il que je n'ai plus de toit ?
Doit-on renoncer à la « vie numérique » ? Pas forcément, mais on imagine sans peine les difficultés rencontrées. C’est l’objet d’un récent reportage du Wall Street Journal. On peut se passer de télé, de radio, de journaux mais plus difficilement d’Internet, nous dit l’un des protagonistes. A fortiori quand on l’utilisait « comme tout un chacun » avant notre mise à la rue. A fortiori quand la crise est désormais susceptible d’atteindre plus encore les jeunes et les classe moyennes précarisées[1]. Dans la rue et sur Facebook : sans-abri mais branché sur le WebOn the Street and On Facebook: The Homeless Stay Wired Phred Dvorak - 30 mai 2009 - Wall Street Journal M. Pitts n’a pas d’adresse postale. Mais il a un ordinateur et anime un forum sur Internet. Comme la plupart des habitants de San Francisco, Charles Pitts a une vie en ligne. M. Pitts, 37 ans, a un compte sur Facebook, MySpace et Twitter, il anime un forum Yahoo, lit les journaux en ligne et garde le contact avec ses amis par courriel. Le plus difficile pour lui, c’est d’organiser sa vie numérique depuis son lieu de résidence : sous un pont d’autoroute. « Pas besoin de télé, pas besoin de radio, même pas besoin de journaux papier », explique M. Pitts, poète amateur à la casquette violette et au blouson en polaire jaune, qui dit être SDF depuis deux ans. « Internet, par contre, c’est indispensable. » L’exemple de M. Pitts démontre à quel point les ordinateurs et l’Internet ont imprégné la société. Il y a quelques années, certains craignaient qu’une « fracture numérique » sépare ceux qui ont accès aux nouvelles technologies et les autres. Les plus démunis n’ont certes pas les moyens de s’offrir un ordinateur et un accès à Internet. Pourtant, de nos jours aux États-Unis, même ceux qui n’ont pas de toit ressentent la nécessité d’avoir une adresse électronique. La ville de New-York a installé quarante-deux ordinateurs dans cinq des neuf foyers qu’elle gère et projette d’équiper les quatre autres dans le courant de l’année. Environ la moitié des 190 autres foyers de la ville permettent d’accéder à un ordinateur. Selon le président de Central City Hospitality House, une association à but non lucratif de San Francisco, la moitié des visiteurs utilisant ces huit ordinateurs sont des sans-abri. Il y a une telle demande pour l’accès à ces postes que leur temps d’utilisation est limitée à 30 minutes. D’après le personnel des foyers, le nombre de sans-abri équipés d’un ordinateur portable, qui reste faible, est en augmentation. SF Homeless (NdT : Sans-Abri de San Francisco), forum créé il y a deux ans, compte 140 membres. On y trouve les dates et horaires des réunions pour les logements sociaux et des informations provenant de groupes similaires actifs au Nouveau-Mexique, en Arizona, et dans le Connecticut. Il est complété par un blog qui propose des sondages en ligne sur la vie dans les foyers. Les prix de plus en plus bas des ordinateurs et l’accès gratuit à Internet alimentent ce phénomène, ainsi que la maîtrise de l’outil informatique de plus en plus généralisée au sein de la population. Pour répondre à une offre d’emploi ou faire une demande de logement, les démarches se déroulent de plus en plus souvent en ligne. Selon certains membres d’associations d’aide aux sans-abri, la crise économique va jeter à la rue de nombreuses personnes issues de la classe moyenne habituées à l’Internet. Âgé de 29 ans, Paul Weston se destine à une carrière de programmeur. Son Powerbook Macintosh, nous confie-t-il, est pour lui un véritable « canot de sauvetage » depuis qu’il a dû s’installer dans un foyer après avoir perdu son poste de réceptionniste d’hôtel en décembre dernier. Installé dans un magasin Whole Foods qui propose un accès Internet gratuit, M. Weston cherche du travail et écrit un programme informatique qu’il espère réussir à vendre. Il a envoyé des courriels aux élus de la ville pour demander l’amélioration des conditions de vie dans les foyers. Lisa Stringer, qui dirige une formation où l’on apprend aux SDF et aux habitants défavorisés à chercher un emploi et à se servir de l’outil informatique, explique que certains de ses étudiants, alors qu’ils ne savent ni lire ni écrire, économisent pour se payer un ordinateur. « Dans la société actuelle, posséder un ordinateur signifie qu’on est à la page et connecté », analyse-t-elle. Il lui arrive parfois de conseiller vivement à ses étudiants sans-abri d’attendre que leur situation se soit stabilisée avant d’acheter un portable. Avoir une vie en ligne lorsqu’on vit dans la rue exige une grande détermination. L’électricité et l’accès à Internet sont des denrées rares. S’ajoutent à ces difficultés les menaces telles que la pluie et le vol. Robert Livingston, 49 ans, trimballe son portable Asus partout depuis qu’il a perdu son logement en décembre dernier. Homme soigné qui dépense une partie de son allocation mensuelle de 59 dollars chez le coiffeur, M. Livingston raconte qu’il a démissionné d’un poste d’agent de sécurité l’année dernière, et qu’il n’a pas réussi à retrouver du travail à cause de la crise. Lorsqu’il s’est rendu compte qu’il allait devenir SDF, M. Livingston a acheté un sac à dos robuste pour ranger son matériel, un cadenas pour son casier du foyer et un compte Flickr Premium à 25 dollars pour diffuser ses photos numériques. Il y a peu, installé dans un café où les clients peuvent parfois profiter de la connexion sans fil, M. Livingston montrait fièrement sa page personnelle, qui propose des liens pour des leçons de chinois. M. Livingston affirme que son ordinateur l’aide à rester en lien avec la société et à garder son humanité. « Être dans la rue, c’est effrayant », nous confie-t-il. « Sur Internet, je suis sur un pied d’égalité avec tout le monde. » Pour Skip Schreiber, philosophe amateur de 64 ans qui vit aujourd’hui dans une camionnette, le plus gros défi pour rester connecté, c’est l’électricité. M. Schreiber était chauffagiste avant que le stress et une dépression liés au travail ne le mettent sur la touche il y a quinze ans. Pour son 60ème anniversaire, il a puisé dans sa pension d’invalidité mensuelle pour s’offrir un ordinateur portable, branché sur la batterie de son véhicule, et a appris seul à s’en servir. « J’aimais le concept d’Internet », explique M.Schreiber, « cette source illimitée d’opinions et de réflexion ». Récemment, M. Schreiber a changé de machine pour un Mac parce que celui-ci consomme moins. Quand il le peut, il coupe le ventilateur et l’antenne WiFi, et rafraîchit son portable en le posant sur un chiffon humide. Grâce à ces astuces, affirme-t-il, il réussit à faire durer sa batterie jusqu’à seize heures, à condition de proscrire les vidéos. Dans sa camionnette où s’entassent caisses à outils, matériel électrique et couchage, M. Schreiber nous montre le contenu de son disque dur, qui comprend l’intégralité des codes civil et pénal de la Californie, ou encore des fichiers sur des penseurs tels que Thomas d’Aquin ou le psychologue Philip Zimbardo. M. Schreiber explique que les écrits sur le comportement et les aspirations des hommes l’aident à mieux appréhender son sort. « Nul ne se conçoit comme un sans-abri », déclare-t-il. « Nous faisons nos choix au mieux, selon ce qui nous est donné. » Michael Ross produit lui-même son électricité, grâce à un groupe électrogène installé à l’extérieur de sa tente jaune et bleue. Depuis un an, M. Ross assure la surveillance d’un parking où est entreposé du matériel de construction, grâce à un accord passé avec le propriétaire. M. Ross, qui n’a que sa pension de vétéran pour survivre, estime être SDF depuis une quinzaine d’années. Sous la tente, ce cinquantenaire taciturne possède un laptop HP pourvu d’un écran de 17 pouces et d’un espace de stockage de 320 Go, ainsi que quatre disques durs externes supplémentaires d’une capacité totale de 1000 Go, l’équivalent de 200 DVDs. M Ross adore les films. Il en loue certains en ligne, sur Netflix et Blockbuster, et en télécharge d’autres grâce à une connection Ethernet à la bibliothèque publique de San Francisco. L’autre soir, M. Ross s’est installé sur son sac de couchage pour regarder un épisode des X-Men, obligé d’écouter au casque pour couvrir le vacarme du groupe électrogène. Lorsqu’il se rend en ville, il emporte tout son matériel avec lui par sécurité. Son sac-à-dos est plein à craquer de cordons et de gadgets électroniques emballés dans du papier-bulle. Selon M. Ross, le poids ne lui pose pas problème. M. Pitts, le poète qui vit sous un pont, retient de tête une liste d’endroits où il peut recharger sa batterie et se connecter à l’Internet, endroits parmi lesquels on trouve un coin peu fréquenté d’une des gares de la ville et des cafés équipés du WiFi, dont les patrons tolèrent que l’on s’y installe pour longtemps et avec beaucoup de sacs. Expulsé de son appartement il y a deux ans, M. Pitts raconte : « Je me suis dit que mon existence et ma vie ne s’arrêtaient pas parce que je n’avais plus de toit ». Il s’est alors acheté un portable Toshiba. Lorsque celui-ci a rendu l’âme, il l’a remplacé par un Dell d’occasion. Le mois dernier, l’écran du Dell s’est cassé. À présent, pour consulter son courrier électronique et participer à son forum consacré aux problèmes des sans-abri, il se sert des ordinateurs des bibliothèques et des campus universitaires, ou encore d’un portable caché par un de ses copains derrière le comptoir d’un café. Ayant appris il y a un mois que le Dalaï Lama devait venir en viste dans une soupe populaire des environs, M. Pitts est allé sur Wikipédia faire une recherche sur le chef spirituel bouddhiste et a copié le texte de l’article sur son iPod pour le lire au lit, sous le pont qui l’abrite. « Sous ma couverture, à l’abri d’une bâche plastique, j’apprends des tas de trucs sur le Dalaï Lama. » M. Pitts compte bientôt réussir à économiser assez d’argent pour se racheter un ordinateur. Il espère pouvoir en trouver un à moins de 200 dollars. Remarque : Sur le site d’origine du Wall Street Journal, on trouve un diaporama avec une dizaine de photographies « en situation » des personnes citées dans l’article. Suite... |
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Agenda du libre |
• Agenda du Libre [ Toutes les régions ]Montpellier : Points Libres Juillet, le vendredi 03 juillet 2009
Agenda des évènements autour du Logiciel Libre
Montpellier : Points Libres Juillet
Date et lieu
Le vendredi 03 juillet 2009, de 14h00 à 19h00.
À Montpellier, Languedoc-Roussillon
Description
Sujet
Dernier rendez-vous de l'année avant des vacances bien méritées. Proposé par Montpel'libre et Kawenga, ce premier vendredi du mois de juillet vous pourrez participer à cet atelier thématique et pratique, à des démonstrations, initiations, conférences, installations, pratiques des logiciels, utilisations multimédia.
Date et lieu
Le Vendredi 03 Juillet 2009, de 14h00 à 19h00.
À Montpellier, Languedoc-Roussillon :
Kawenga - 21 bd Louis Blanc - 34000 Montpellier Tramway Corum
Description
L'atelier du mois de juillet vous propose une présentation de la distribution OpenWRT Linux pour les systèmes embarqués qui s'installe sur des routeurs grand public et permet d'exploiter une connexion ADSL à 100%. Vous verrez comment flasher un routeur, puis l'installation de programme à l'aide de packages. Présentation de OpenVPN : Un logiciel pour créer un tunnel sécurisé pour accéder à distance à sa machine en toute sécurité, compatible avec les OS les plus répandus. (Linux, BSD, Mac, Windows, Palm, Iphone, ect). Atelier flashage de routeur par OpenWRT pour les personnes intéressées.
Nous notons également la présence de Jérémie Zimmermann de la Quadrature du Net qui traitera du sujet de la "riposte graduée" en France, du Paquet Télécom, et de ce qui peut être fait à ce propos, en particulier au niveau européen.
Présentation de KINO : Logiciel de montage vidéo non-linéaire, KINO permet des transitions, des filtres, du titrage, des coupes, des mixages audio, du doublage, c'est un logiciel libre et gratuit, simple et efficace à la fois.
Informations
Site Web: http://montpel-libre.fr/Points-Libres-Juillet
Contact: contact CHEZ montpel-libre POINT fr
Tags: montpel-libre, kawenga, atelier, point-libre, install-party, openwrt, systeme-embarque, openvpn, palm, iphone, lqdn, hadopi Suite... • Palette : Réunion mensuelle de l'AXUL , le vendredi 03 juillet 2009
Palette : Réunion mensuelle de l'AXUL
Date et lieu
Le vendredi 03 juillet 2009, de 20h00 à 23h00.
À Palette , Provence-Alpes-Côte d'Azur
Description
Les membres de L'Axul (association du Pays d'Aix des Utilisateurs de Linux et des Logiciels Libres) vous invitent à leur réunion mensuelle qui aura lieu le vendredi 12 juin de 20h00 à 23h00 au 1er étage de la salle George Duby à Palette, premier village sur la N7 au Sud d'Aix.
Une présentation de Inkscape par Arnaud FEVRIER sera faite à cette occasion
Chaque réunion donne lieu à une présentation/démonstration liée au Logiciel libre suivie d'un repas généralement à base de pizzas (toute autre proposition sera vivement accueillie). La réunion est ouverte à tous, débutants ou experts GNU/Linux.
Informations
Site Web: http://www.axul.org/
Contact: d POINT robert CHEZ point-libre POINT org
Tags: axul, reunion, inkscape Suite... • Nantes : Install Party GNU/Linux, le samedi 04 juillet 2009
Nantes : Install Party GNU/Linux
Date et lieu
Le samedi 04 juillet 2009, de 10h00 à 21h00.
À Nantes, Pays de la Loire
Description
Des étudiants en informatique de EPITECH Nantes organisent une journée découverte du monde GNU/Linux et des logiciels libres et open-source.
L'événement est gratuit et convivial. Il se déroulera dans les locaux EPITECH Nantes.
Le principe de l'Install Party est simple, vous venez avec votre PC et nous vous guiderons à l'installation du système d'exploitation GNU/Linux de votre choix.
Informations
Site Web: http://nantes.install.party.free.fr
Contact: moutou_a CHEZ epitech POINT net
Tags: install-party, epitech Suite... • Chavagne : Atelier : Jeux libres sous Linux, le samedi 04 juillet 2009
Chavagne : Atelier : Jeux libres sous Linux
Date et lieu
Le samedi 04 juillet 2009, de 14h00 à 23h00.
À Chavagne, Bretagne
Description
Lan Power organise, en marge de sa traditionnelle nuit de jeux en réseau, un atelier informatique sur le thème : Découvrez Linux un systême d'exploitation libre pour tous.
L'atelier aura lieu à la salle des associations, 3 rue de la croix verte à Chavagne.
Il n'y a pas de jeux sous Linux? Venez découvrir une station de jeux sous Ubuntu. Vous y trouverez des dizaines de jeux.
L'entrée pour l'atelier est gratuite.
Informations
Site Web: http://asso.lanpower.free.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=62&Itemid=74
Contact: asso POINT lanpower CHEZ free POINT fr
Tags: jeux, lanpower Suite... • Paris : Premier Samedi du libre, le samedi 04 juillet 2009
Paris : Premier Samedi du libre
Date et lieu
Le samedi 04 juillet 2009, de 14h00 à 18h00.
À Paris, Île-de-France
Description
Le premier samedi de chaque mois est organisé à Paris une rencontre sur le logiciel libre au Carrefour numérique de la Cité des science et de l'industrie. (Porte de la Villette).
Cette édition a donc lieu le samedi 04 juillet de 14h à 18h.
Une équipe de bénévoles de plusieurs associations (fedora-fr, mandrivafr, parinux, ubuntu-fr) est présente pour accueillir le public et aider les personnes qui le désirent, à passer à un système d'exploitation libre.
C'est un évènement à destination du grand public où vous pouvez venir juste pour voir à quoi ressemble un « ordinateur sous Linux », discuter ou vous faire installer en multiboot une distribution GNU/Linux (fedora, mandriva, ubuntu, etc). À noter que la dernière installation débutera à 16h30, afin de laisser suffisamment de temps pour la terminer.
Pensez à vous inscrire sur le site avant de venir, l'inscription n'est pas obligatoire mais elle permet de mieux s'organiser.
Informations
Site Web: http://www.premier-samedi.org/
Contact: frederic POINT mande CHEZ gmail POINT com
Tags: premier-samedi, install-party, fedora-fr, parinux, ubuntu-fr, fedora, ubuntu, mandriva Suite... • Dakar : Python African Tour au Sénégal, du lundi 06 juillet 2009 au vendredi 10 juillet 2009
Dakar : Python African Tour au Sénégal
Date et lieu
Du lundi 06 juillet 2009 à 09h00 au vendredi 10 juillet 2009 à 18h00.
À Dakar, Autre pays
Description
Organisé dans plusieurs pays africains, la mission du Python African Tour est de populariser et promouvoir la communauté du libre en général et celle de Python en particulier. Pour cela, des formations, conférences, démonstrations et concours de programmation sont organisés.
La deuxième étape du Python African Tour sera Dakar au Sénégal du 6 au 10 juillet 2009.
Lors des 5 jours de l'étape sénégalaise auront lieu :
Des formations :
Cours d'introduction à Python : découverte du langage, de sa syntaxe et de ses objets, à travers des exemples concrets
Programmation avancée en Python : les outils intégrés à Python qui résolvent les problèmes de programmation en quelques lignes
Python et les applications web : les frameworks Web de Python, notamment Django
Applications scientifiques de Python : manipulation et représentation graphique de données scientifiques, outils pour le chercheur et l'ingénieur
Note : toutes ces formations sont gratuites, mais le nombre de places étant limité, il est nécessaire de candidater.
Une journée de conférences orientées « grand public » (le 8 juillet) ;
Deux jours de sprint pendant lesquels les nouveaux développeurs en Python pourront exercer leurs talents, encadrés par des experts du langage.
Les formations et le sprint se dérouleront dans le Campus numérique francophone de Dakar à l'Agence universitaire de la Francophonie.
La conférence publique aura lieu dans la salle de visioconférence de l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD 2).
Informations
Site Web: http://dakarlug.org/pat/
Contact: pat-sponsor CHEZ dakarlug POINT org
Tags: dakarlug, pythonafricantour, python Suite... • Arrigas : Fête Firefox 3.5, le lundi 06 juillet 2009
Arrigas : Fête Firefox 3.5
Date et lieu
Le lundi 06 juillet 2009, de 15h00 à 20h30.
À Arrigas, Languedoc-Roussillon
Description
L'association Libres-Ailé(e)s pour Gnu/Linux et le monde du Libre fait une petite fête autour de la sortie de Firefox 3.5.
Téléchargements sur clé USB pour tout système
Installations variées (sous GNU/Linux, on peut varier les plaisirs)
Explications et démonstrations des nouveautés
Vous pouvez venir à partir de 15h, lundi 6 juillet 2009, à la bibliothèque communale d'Arrigas, Cévennes, Gard, France.
Informations
Site Web: http://librezele.wordpress.com/2009/06/30/fete-firefox-3-5/
Contact: fantoche CHEZ apinc POINT org
Tags: firefox, librezele Suite... • Nantes : Rencontres Mondiales du Logiciel Libre, du mardi 07 juillet 2009 au samedi 11 juillet 2009
Nantes : Rencontres Mondiales du Logiciel Libre
Date et lieu
Du mardi 07 juillet 2009 à 08h30 au samedi 11 juillet 2009 à 18h00.
À Nantes, Pays de la Loire
Description
En 2009, les Rencontres Mondiales du Logiciel Libre se tiendront du 7 au 11 juillet dans la ville de Nantes ! Un évènement porté par l?association Linux-Nantes avec le soutien actif d?associations d?utilisateurs de Logiciels Libres de la région. Celle qu?on appelle la Venise de l?ouest devient le point de rendez-vous des multiples nationalités invitées.
Le comité organisateur s?est engagé à offrir une dixième édition orientée sur la migration et la conduite au changement vers le Libre, des plus enrichissante. Comme chaque année, conférences, tables rondes, et ateliers seront proposés aux visiteurs durant 5 jours. Ceux-ci, qu?ils soient experts, novices, professionnels, ou simples curieux pourront trouver les interlocuteurs qui répondront à leurs questions au travers des nombreux thèmes abordés. Sans oublier bien entendu le village associatif où chacun pourra se promener.
Il s?agira donc de présenter le Logiciel Libre, l?expliquer mais également en montrer toutes les perspectives. Nous vous invitons donc à découvrir cet univers qui s?étend bien au-delà de l?informatique. En effet, les 10es RMLL seront l?occasion de l?entrée en scène de nouveaux thèmes importants : ?Matériel Libre? et ?Culture et Art Libre?. Beaucoup d?autres découvertes sont au rendez-vous et ne demandent qu?à être explorées.
À bientôt à Nantes !
Informations
Site Web: http://rmll.info/
Contact: contact CHEZ rmll POINT info
Tags: rmll, linux-nantes Suite... • Lyon : Séminaire LinStudio, le mardi 07 juillet 2009
Lyon : Séminaire LinStudio
Date et lieu
Le mardi 07 juillet 2009, de 09h00 à 12h00.
À Lyon, Provence-Alpes-Côte d'Azur
Description
Linagora organise le 7 juillet une matinée intitulée : Partages et retours d'expérience sur les projets Web Open Source qui marchent à l'Hôtel des Congrès, Place du commandant Rivière, 69100 Lyon - Villeurbanne.
Le séminaire est gratuit sur inscription.
Au programme :
Panorama des solutions Libres de gestion de contenus
Focus : Faites du Drupal sans risque avec Linagora
La communauté Drupal en action
Retours d?expérience
Intervenants :
Jérôme RELINGER , Directeur des Opérations
Michel-Marie MAUDET, Directeur Général adjoint
Sébastien BAHLOUL , Directeur des offres LRS (Linagora Run Services) et LinID
Informations
Site Web: http://linagora.com/spip.php?article345
Contact: seminaires CHEZ linagora POINT com
Tags: linagora, seminaire Suite... • Marseille : Séminaire LinStudio, le mercredi 08 juillet 2009
Marseille : Séminaire LinStudio
Date et lieu
Le mercredi 08 juillet 2009, de 09h00 à 12h00.
À Marseille, Provence-Alpes-Côte d'Azur
Description
Linagora organise le 8 juillet une matinée intitulée : Partages et retours d'expérience sur les projets Web Open Source qui marchent à LINAGORA GSE, Pôle Média Belle de Mai, 37 Rue GUIBAL, 13003 Marseille
Le séminaire est gratuit sur inscription.
Au programme :
Panorama des solutions Libres de gestion de contenus
Focus : Faites du Drupal sans risque avec Linagora
La communauté Drupal en action
Retours d?expérience
Intervenants :
Jérôme RELINGER , Directeur des Opérations
Michel-Marie MAUDET, Directeur Général adjoint
Sébastien BAHLOUL , Directeur des offres LRS (Linagora Run Services) et LinID
Informations
Site Web: http://linagora.com/spip.php?article345
Contact: seminaires CHEZ linagora POINT com
Tags: linagora, seminaire Suite... • Ramonville-Saint-Agne : Séminaire LinStudio, le jeudi 09 juillet 2009
Ramonville-Saint-Agne : Séminaire LinStudio
Date et lieu
Le jeudi 09 juillet 2009, de 09h00 à 12h00.
À Ramonville-Saint-Agne, Midi-Pyrénées
Description
Linagora organise le 9 juillet mai une matinée intitulée : Partages et retours d'expérience sur les projets Web Open Source qui marchent à Linagora GSO 4, rue Giotto, Parc Technonologique du Canal, 31520 Ramonville Saint Agne.
Le séminaire est gratuit sur inscription.
Au programme :
Panorama des solutions Libres de gestion de contenus
Focus : Faites du Drupal sans risque avec Linagora
La communauté Drupal en action
Retours d?expérience
Intervenants :
Jérôme RELINGER , Directeur des Opérations
Michel-Marie MAUDET, Directeur Général adjoint
Sébastien BAHLOUL , Directeur des offres LRS (Linagora Run Services) et LinID
Informations
Site Web: http://linagora.com/spip.php?article345
Contact: seminaires CHEZ linagora POINT com
Tags: linagora, seminaire Suite... • Auray : Réunion du SGEG, le mercredi 15 juillet 2009
Auray : Réunion du SGEG
Date et lieu
Le mercredi 15 juillet 2009, de 20h00 à 23h59.
À Auray, Bretagne
Description
Le SGEG (Sansten GNU Easy Group) vous invite tous les 3e mercredi de chaque mois au SGEG Meeting pour discuter de logiciel libre, boire un verre, manger un morceau et surtout se rencontrer !
Ce mois-ci, nous nous retrouverons le 15 juillet.
Cette réunion se tient à Saint-Goustan (Port d'Auray) chez Ti Morganez, 13 quai Benjamin Franklin. Le rendez-vous est fixé à 20h00, mais vous pouvez arriver tout au long de la soirée.
Tous les utilisateurs de logiciel libre sont les bienvenus (*BSD, Hurd, Linux, etc) ainsi que toutes les associations, les utilisateur(trice)s pas averti(e)s sont aussi les bienvenu(e)s. Vous y retrouverez la fine équipe de Rhizomes.
Prévoir une participation culinaire de 12 € (hors boissons), nous sommes dans un restaurant.
Attention, il faut s'inscrire tous les mois sur le site au moins 48 heures à l'avance !
Informations
Site Web: http://auray.firstjeudi.org/first.php3
Contact: contact CHEZ rhizomes POINT org
Tags: rhizomes, sgeg, repas, rencontre, firstjeudi Suite... • Paris : Third Jeudi Parinux, le jeudi 16 juillet 2009
Paris : Third Jeudi Parinux
Date et lieu
Le jeudi 16 juillet 2009, de 19h30 à 23h55.
À Paris, Île-de-France
Description
Parinux, groupe parisien d'utilisateurs du libre, organise chaque troisième jeudi du mois le Third Jeudi, une réunion à laquelle sont conviés tous ses adhérents et toute personne souhaitant discuter de Linux et de logiciels libres.
C'est l'occasion d'adhérer ou ré-adhérer à Parinux, mettre un visage sur les pseudos d'IRC, rencontrer d'autres associations, élaborer des projets, et surtout boire une bière ;)
Le prochain Third Jeudi aura lieu ce jeudi 16 juillet, à partir de 19h30, au premier étage du restaurant Le Bon Pêcheur, 12 rue Pierre Lescot 75001 Paris. Métro RER : Châtelet Les Halles
À la différence du First Jeudi chaque premier jeudi du mois, aucune pré-inscription n'est demandée pour le Third Jeudi.
Le Third Jeudi revient à sa formule initiale, c'est à dire une réunion de travail entre CA et adhérents avec compte rendu. Vous pouvez réfléchir à des thèmes que vous aimeriez voir aborder, et apporter vos notes.
Vous pouvez venir tout au long de la soirée, prévenir si vous ne voulez pas être pris en photo, porter un badge pour faciliter les contacts, inviter des gens intéressés, suggérer d'autres lieux de réunion.
Informations
Site Web: http://www.parinux.org/content/third-jeudi-de-juin-2009
Contact: parinux CHEZ parinux POINT org
Tags: parinux, third, jeudi, thirdjeudi Suite... • Saint-Cyr-l'Ecole : Réunion mensuelle Root66, le samedi 18 juillet 2009
Saint-Cyr-l'Ecole : Réunion mensuelle Root66
Date et lieu
Le samedi 18 juillet 2009, de 15h00 à 17h00.
À Saint-Cyr-l'Ecole, Île-de-France
Description
La prochaine réunion mensuelle de Root66, ouverte à tous, aura lieu à partir de 15h00 au Café de la Gare de Saint-Cyr-l'Ecole (78) le samedi 18 Juillet 2009.
Venez rencontrer des passionés et vous informer sur GNU/Linux et les logiciels libres.
Informations
Site Web: http://www.root66.net/index.php?post/2009/06/23/prochaines-réunions-mensuelles
Contact: fraazz CHEZ altern POINT org
Tags: root66 Suite... • Lille : Chtinux - Permanence autour du libre, le mardi 28 juillet 2009
Lille : Chtinux - Permanence autour du libre
Date et lieu
Le mardi 28 juillet 2009, de 20h30 à 23h30.
À Lille, Nord-Pas-de-Calais
Description
Comme tous les derniers mardi de chaque mois, l'association Chtinux vous propose de venir boire un verre le mardi 28 juillet à 20h30 au Café Citoyen situé place de l'ancien marché aux chevaux à Lille (métro République-Beaux Arts).
Cette manifestation est ouverte à tous. Vous pourrez y discuter joyeusement Logiciel Libre autour de bières (ou découvrir d'autres boissons éco-responsables proposées par le Café Citoyen), venir chercher de l'aide technique ou proposer vos idées d'évènements.
Si vous venez avec votre ordinateur pour obtenir de l'aide, prévenez nous en envoyant un mail à info chez chtinux point org
Une connexion Internet est disponible sur place.
Pour soutenir le café citoyen, un minimum d'une consommation est demandé sur place.
Informations
Site Web: http://www.chtinux.org/activites#derniers_mardis
Contact: info CHEZ chtinux POINT org
Tags: chtinux, cafecitoyen, biere Suite... • Paris : Premier Samedi du Libre, le samedi 01 août 2009
Paris : Premier Samedi du Libre
Date et lieu
Le samedi 01 août 2009, de 14h00 à 18h00.
À Paris, Île-de-France
Description
Le premier samedi de chaque mois est organisé à Paris une rencontre sur le logiciel libre au Carrefour numérique de la Cité des science et de l'industrie - Porte de la Villette.
Cette édition aura lieu le samedi 01 août de 14h à 18h.
Une équipe de bénévoles de plusieurs associations (fedora-fr, parinux, ubuntu-fr, mandriva linux) sera présente pour accueillir le public et aider les personnes qui le désireront à passer à un système d'exploitation libre.
Cet événement est à destination du grand public où vous pouvez venir juste pour voir à quoi ressemble un ordinateur sous Linux, ou bien encore pour discuter ou vous faire installer en multiboot une distribution GNU/Linux.
À noter que la dernière installation débutera à 16h30, afin de laisser suffisamment de temps pour la terminer.
Pensez à vous inscrire sur le site avant de venir, l'inscription n'est pas obligatoire mais elle permet de mieux s'organiser.
Informations
Site Web: http://www.premier-samedi.org/
Contact: endymion CHEZ thetys-retz POINT net
Tags: premier-samedi, install-party, fedora-fr, parinux, ubuntu-fr, fedora, ubuntu, mandriva Suite... |

